
Créer sa société au Japon : KK et GK, le guide complet
Le Japon est l'un des rares pays d'Asie où un étranger peut créer une entreprise à 100 % sans associé japonais. KK ou GK, capital, visa, fiscalité : voici tout ce qu'il faut savoir.
KK ou GK
- Deux formes possibles
- KK (株式会社) et GK (合同会社)
- Business Manager Visa
- 5 M¥ de capital ou 2 salariés
- Le choix se joue sur
- Coût de création et crédibilité
Pourquoi créer sa société au Japon ?
Le Japon offre un cadre juridique stable, une économie de 4 000 milliards de dollars et un accès direct au marché asiatique. Il n'impose aucune obligation d'avoir un associé local. Le statut de résidence qui va avec est le visa de travail, et la société aura besoin d'un compte bancaire japonais.
- Freelances et nomades digitaux : facturer des clients japonais légalement, obtenir un visa de résident
- E-commerce : vendre sur Amazon.co.jp, Rakuten avec une entité locale
- Restauration, tourisme, immobilier : activer une activité physique sur le territoire
- Filiale d'une entreprise française : s'implanter au Japon
- Entrepreneurs tech : lever des fonds japonais, rejoindre J-Startup
KK vs GK : quelle structure choisir ?
| Critère | KK : Kabushiki Kaisha (株式会社) | GK : Godo Kaisha (合同会社) |
|---|---|---|
| Équivalent français | SA / SAS | SARL / LLC |
| Capital recommandé | 5 millions ¥ (visa) | 5 millions ¥ (visa) |
| Notaire obligatoire | Oui | Non |
| Frais de création | ~250 000 ¥ | ~90 000 ¥ |
| Image / crédibilité | Prestige maximal | Perçue comme PME |
| Levée de fonds possible | Oui | Non adaptée |
| Idéale pour | Filiales, startups, grandes structures | Freelances, e-commerce, nomades |
Capital social : combien mettre ?
Pour le Business Manager Visa
5 millions de yens (~30 000 €) est le seuil de référence tacite.
Pour ouvrir un compte bancaire
1 à 3 millions ¥ est généralement suffisant pour convaincre une banque.
Pour la crédibilité commerciale
10 millions ¥ et plus est perçu comme sérieux face aux partenaires japonais.
Démarches pas à pas
Choisir la structure et le nom
Vérifiez la disponibilité du nom sur le registre du commerce (hōmukyo). 1 à 3 jours.
Rédiger les statuts (teikan)
Pour une KK : authentification notariale (~50 000 ¥). Pour une GK : statuts privés suffisent. 3 à 7 jours.
Déposer le capital
Transférez le capital sur votre compte bancaire personnel japonais. 1 à 2 jours.
Immatriculer au Légal Affairs Bureau
Dépôt du dossier complet, paiement de la taxe (60 000 ¥ KK, 40 000 ¥ GK). 7 à 10 jours.
Obtenir l'extrait Kōki
L'équivalent du Kbis. 600 ¥ par exemplaire.
Déclarations fiscales
Dans les 2 mois suivant la création, plusieurs formulaires auprès du bureau des impôts.
Ouvrir un compte bancaire pro
Meilleures options : GMO Aozora Net Bank, PayPay Bank, Japan Post Bank.
Business Manager Visa (経営・管理ビザ)
Conditions principales
- Bureau physique au Japon : un local commercial dédié (pas votre appartement). ~10 000–30 000 ¥/mois minimum.
- Viabilité économique : plan d'affaires convaincant, contrats ou lettres d'intention de clients.
- Capital de 5 millions ¥ ou 2 salariés à temps plein.
- Dirigeant impliqué à temps plein.
Fiscalité de la société japonaise
Impôt sur les sociétés national
23,2 %
Taux réduit de 15 % pour les PME sur les premiers 8M¥.
Taxe locale sur les sociétés
~10 %
Varie selon la préfecture.
Taxe professionnelle
3,4–7 %
Déductible de l'IS.
Taux effectif total
~33–34 %
En dessous de 8M¥ de bénéfice : ~22–25 %.
TVA (消費税) : 10 % (8 % sur alimentaire de base). Exonéré les 2 premières années si CA < 10 millions ¥. Le coût de fonctionnement dépend beaucoup de la ville : comparez avec notre page coût de la vie au Japon.
Récapitulatif des coûts de création
| Poste de dépense | GK | KK |
|---|---|---|
| Taxe d'immatriculation | 40 000 ¥ | 150 000 ¥ min. |
| Authentification statuts | (non requis) | 50 000 ¥ |
| Sceau de la société (inkan) | 5 000–15 000 ¥ | 5 000–15 000 ¥ |
| Honoraires shihō shoshi | 50 000–100 000 ¥ | 100 000–150 000 ¥ |
| Traduction / apostille | 30 000–60 000 ¥ | 30 000–60 000 ¥ |
| Total estimé (hors capital) | ~90 000–175 000 ¥ | ~250 000–425 000 ¥ |
| Total en € | ~550–1 050 € | ~1 500–2 550 € |
Écrit et vérifié par
Rédactrice franco-japonaise, au Japon depuis 2014 (12 ans). Japonais JLPT N1. Elle a monté sa propre structure au Japon et connaît les démarches auprès du Legal Affairs Bureau.
Mis à jour le juin 2026Méthodologie éditorialeProfil de l'auteur
Questions fréquentes sur la création de société au Japon
Un étranger peut-il être seul actionnaire et seul gérant d'une société japonaise ?
Oui. Il n'y a aucune obligation d'avoir un associé japonais. Un étranger peut détenir 100 % des parts (GK) ou des actions (KK) et en être le représentant légal. C'est l'un des grands avantages du Japon par rapport à d'autres marchés asiatiques.
Peut-on créer une société japonaise depuis la France ?
Oui, techniquement. Il faut faire appel à un shihō shoshi qui représentera la société lors de l'immatriculation. Vos documents français devront être traduits en japonais et apostillés.
Quelle est la différence entre KK et GK en matière d'image au Japon ?
La KK jouit d'un prestige historiquement plus grand. Mais l'image de la GK s'est améliorée : Apple Japan, Amazon Japan et Starbucks Japan sont des GK !
Faut-il parler japonais pour gérer une société au Japon ?
Non, ce n'est pas une obligation légale. Cependant, toute la bureaucratie japonaise est en japonais. En pratique, un comptable et un avocat bilingues sont indispensables.
Combien de temps faut-il pour créer une GK au Japon ?
Comptez 3 à 4 semaines au total depuis la France. Depuis le Japon avec un bon shihō shoshi, il est possible de finaliser en 10 à 15 jours ouvrables.
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