
Geisha : définition, maiko, formation et où en voir à Kyoto
Une geisha est une artiste, formée des années à la danse, à la musique et à la conversation, pas une courtisane. Voici ce qui la distingue d'une maiko, comment se passe la formation, où en croiser à Kyoto sans les importuner et quels spectacles sont ouverts aux touristes en 2026.
Mis à jour en octobre 202613 min de lecture
- Quartiers à Kyoto
- 5
- Geiko et maiko (2024)
- 211
- Amende affichée à Gion
- 10 000 ¥
La réponse courte
- Geisha
- Artiste de banquet, pas prostituée.
- Maiko
- L'apprentie, de 15 à 20 ans environ.
- Où en voir
- Gion, Pontocho, et les odori.
Geisha : définition et origine du mot
Une geisha est une artiste japonaise de divertissement. Elle est formée pendant des années à la danse traditionnelle, au shamisen, au chant et à l'art de la conversation, et elle exerce ces talents lors de banquets privés, les ozashiki, donnés dans des maisons de thé. Le mot s'écrit 芸者 : gei, l'art, et sha, la personne. Littéralement, une personne des arts.
Le métier apparaît à l'époque d'Edo. Les premiers geishas étaient des hommes, des amuseurs qui animaient les banquets par des chansons et des plaisanteries. Les femmes prennent le relais au XVIIIe siècle et deviennent vite majoritaires. Au fil du temps, la profession s'organise par quartiers, les hanamachi ou « villes des fleurs », chacun avec ses maisons de thé, ses écoles de danse et ses règles.

Geisha, geiko, maiko : quelle différence de vocabulaire ?
Les trois mots désignent le même univers, mais pas la même personne. Geisha est le terme général, utilisé à Tokyo et dans le reste du pays. Geiko (芸妓) est le mot de Kyoto pour une geisha confirmée. Maiko (舞妓), « l'enfant de la danse », est l'apprentie de Kyoto, et c'est elle que les visiteurs photographient le plus, avec son maquillage blanc et ses ornements de cheveux. À Tokyo, l'apprentie s'appelle hangyoku.
Les geishas sont-elles des prostituées ?
Non, et c'est la confusion la plus répandue en Occident. La geisha vend un savoir-faire artistique et une compagnie raffinée, pas des faveurs sexuelles. Le malentendu vient d'ailleurs.
- Les oiran et les yujo, courtisanes des anciens quartiers de plaisirs comme le Yoshiwara d'Edo, portaient elles aussi kimono somptueux et maquillage blanc. Signe qui ne trompait pas à l'époque : l'oiran nouait son obi devant, la geisha derrière. Selon les historiens du quartier, un règlement de 1779 interdisait déjà aux geishas du Yoshiwara de concurrencer les courtisanes.
- Les « geisha girls » de l'après-guerre : pendant l'occupation américaine, des femmes sans aucune formation se présentaient ainsi aux soldats. Le mot a voyagé avec eux, et son sens avec.
- La fiction occidentale, de Madame Butterfly aux Mémoires d'une geisha, qui a mêlé les deux mondes.
La loi japonaise contre la prostitution, votée en 1956 et entrée en vigueur en 1958, a fermé les quartiers de plaisirs. Les hanamachi de Kyoto, eux, ont continué. Le métier garde pourtant des zones d'ombre, notamment sur la jeunesse des apprenties et la relation avec un protecteur, le danna : on y revient plus bas, avec le témoignage d'une ancienne maiko.
Maiko et geiko : comment reconnaître l'apprentie geisha
La maiko est une geisha en formation, en général entre 15 et 20 ans. Tout dans sa tenue signale qu'elle apprend encore : plus de couleurs, plus d'ornements, plus de longueur. La geiko, plus âgée, porte une tenue volontairement plus sobre. Le jour où une maiko devient geiko s'appelle l'erikae, « le changement de col » : son col rouge devient blanc.
| Détail | Maiko (apprentie) | Geiko (confirmée) |
|---|---|---|
| Cheveux | Ses propres cheveux, coiffés en chignon | Perruque (katsura) |
| Ornements | Nombreux kanzashi, qui changent avec les saisons | Peu ou pas d'ornements |
| Col (eri) | Rouge, brodé | Blanc |
| Kimono | Manches longues, couleurs vives | Manches courtes, tons sobres |
| Obi | Darari obi, qui pend presque jusqu'aux chevilles | Nœud court, en tambour |
| Chaussures | Okobo, socques hautes en bois | Zori, sandales plates |
| Âge | De 15 à 20 ans environ | À partir de 20 ans environ |

Un dernier repère, utile dans la rue : beaucoup des « maiko » que l'on croise en journée autour du Kiyomizu-dera sont des touristes en costume de location. Les vraies maiko sortent surtout en fin d'après-midi, marchent vite et ne posent pas.
Formation d'une geisha : les étapes, de shikomi à geiko
On entre dans le métier après le collège, vers 15 ans, en s'installant dans une okiya, la maison qui loge, forme et habille les apprenties. À Kyoto, le parcours suit quatre étapes.
- Shikomi, environ un an : la jeune fille vit à l'okiya, fait le ménage, apprend le dialecte de Kyoto, les règles de la maison et commence les cours de danse et de musique.
- Minarai, quelques semaines : elle accompagne une aînée aux banquets, en tenue de maiko mais sans y participer, pour observer.
- Maiko, environ cinq ans : après ses débuts officiels, le misedashi, elle danse et sert aux ozashiki, sous la tutelle d'une « grande sœur », l'onee-san.
- Geiko, vers 20 ans : après l'erikae, elle devient geisha confirmée. Une fois sa dette envers l'okiya remboursée, elle peut vivre de façon indépendante.
La formation ne s'arrête jamais. Les geiko continuent de prendre des cours de danse, de shamisen, de flûte, de tambour, de cérémonie du thé et de calligraphie. Chaque quartier de Kyoto a son école de danse attitrée : l'école Inoue à Gion Kobu, Onoe à Pontocho, Wakayagi à Miyagawacho, Hanayagi à Kamishichiken et Fujima à Gion Higashi.
Combien gagne une geisha ?
Aucun chiffre officiel n'est publié, et les montants qui circulent en ligne ne sont pas sourcés. Ce que l'on sait du système : une maiko ne touche pas de salaire au sens strict. L'okiya paie son logement, ses repas, ses cours et surtout ses kimonos, dont certains valent le prix d'une voiture, et lui verse de l'argent de poche. Les honoraires des banquets vont à la maison. Devenue geiko et libérée de sa dette, la geisha est payée à la prestation, à l'heure de banquet.
Le débat sur les conditions de vie des maiko
En 2022, une ancienne maiko de Kyoto, Kiritaka Kiyoha, a publié sur les réseaux sociaux des accusations graves contre le milieu : débuts à 16 ans, alcool imposé lors des banquets alors qu'elle était mineure, attouchements, et une tentative, selon ses déclarations, de vendre sa première nuit à un client pour 50 millions de yens. Son histoire a inspiré une bande dessinée japonaise, dont le deuxième tome est sorti en janvier 2026. Les quartiers de Kyoto n'ont pas répondu publiquement à ces accusations. Elles ont relancé au Japon le débat sur l'âge des apprenties et sur le contrôle exercé par les okiya.
Combien reste-t-il de geishas à Kyoto ?
Selon la fondation qui fédère les quartiers de Kyoto, chiffres relayés par la presse japonaise, la ville comptait 155 geiko et 56 maiko en avril 2024, soit 211 femmes. Elles étaient 175 geiko et 79 maiko en 2019 : près d'un tiers de maiko en moins en cinq ans. Aucun chiffre plus récent n'a été publié, et il n'existe pas de recensement officiel à l'échelle du pays.
Ces femmes travaillent dans les cinq hanamachi de Kyoto, les gokagai. Chacun a sa salle de spectacle, son école de danse et sa grande représentation annuelle.
| Quartier | Où | Danse annuelle | École |
|---|---|---|---|
| Gion Kobu | Gion, Hanamikoji-dori | Miyako Odori (avril) | Inoue |
| Gion Higashi | Gion, à l'est | Gion Odori (novembre) | Fujima |
| Pontocho | Le long de la Kamo | Kamogawa Odori (mai) | Onoe |
| Miyagawacho | Au sud de Gion | Kyo Odori (avril) | Wakayagi |
| Kamishichiken | Près du Kitano Tenmangu | Kitano Odori (mars-avril) | Hanayagi |

Sources : fondation Ookini Zaidan (chiffres d'avril 2024 cités par l'Asahi) et office de tourisme de Kyoto, consultés le 27 octobre 2026.
Où voir des geishas à Kyoto sans les importuner
Croiser une maiko n'est jamais garanti. Vos chances sont meilleures en début de soirée, vers 17 h 30-18 h, quand elles quittent l'okiya pour un banquet, et dans les rues suivantes. Pour situer ces quartiers dans un séjour, voyez notre guide pour visiter Kyoto.
Hanamikoji-dori, la rue des maisons de thé de Gion

La rue principale de Gion Kobu part de l'avenue Shijo, en face du sanctuaire Yasaka, et descend vers le sud entre les façades en bois des maisons de thé. Elle est publique, on peut s'y promener et photographier les façades. C'est aussi la plus fréquentée, et celle où les maiko ont le plus souffert des attroupements.
Le canal Shirakawa, à Gion

Au nord de l'avenue Shijo, la rue pavée de Shirakawa-minami longe un canal bordé de saules, de cerisiers et de restaurants. C'est la plus jolie de Gion, et souvent plus calme le soir que Hanamikoji.
Pontocho et Miyagawacho, plus discrets

Pontocho est une ruelle étroite entre la rivière Kamo et le canal Takase, bordée de restaurants avec terrasses sur pilotis en été. Miyagawacho, au sud de Gion, entre la Kamo et le temple Kennin-ji, est le quartier le moins touristique des trois. Dans les deux, on peut voir passer une geiko sans foule autour.
Ruelles privées de Gion : l'amende de 10 000 ¥
Excédé par les touristes qui poursuivaient les maiko, tiraient sur leurs manches ou entraient dans les maisons, le conseil de quartier de Gion-machi Minamigawa a fait poser des panneaux le 29 mai 2024 aux entrées de la ruelle Kosode-koji. En japonais, en anglais et en chinois, ils interdisent l'accès et les photos aux touristes et aux visites guidées, sous peine d'une amende affichée de 10 000 ¥. Ces ruelles sont des voies privées. La valeur légale de l'amende est discutée par les juristes japonais, mais le message est clair : si un panneau l'indique, on n'entre pas.
La meilleure façon de comprendre le quartier sans déranger, c'est de le parcourir avec un guide local, qui sait où passer et explique ce que l'on voit : maisons de thé, plaques nominatives des maiko sur les façades, okiya.

Kyoto : Gion de nuit et la culture des geishas, balade guidée
Gion à la tombée de la nuit, avec un guide qui raconte la vie des maiko et respecte les règles du quartier. L'activité la plus notée de Kyoto sur le sujet.
4,9 (5 189 avis) · 100 min
Annulation gratuiteÀ partir de23 € par personne
Réserver →Spectacles de geishas à Kyoto : odori, Gion Corner et dîners
Le seul moyen sûr de voir danser des geiko et des maiko, c'est le spectacle. Les vrais banquets, les ozashiki, restent fermés aux inconnus : une maison de thé n'accepte un nouveau client que s'il est présenté par un habitué, c'est la règle de l'ichigen-san okotowari. Restent les spectacles, plus faciles d'accès qu'on ne le croit.
Les odori de printemps : calendrier et tarifs 2026

Chaque printemps, quatre quartiers montent leur grand spectacle dans leur propre théâtre, le kaburenjo : une heure de danses et de musique, avec des dizaines de geiko et de maiko sur scène. C'est la meilleure occasion de l'année, et la seule où l'on voit les cinq écoles de danse à l'œuvre. Les places se vendent à l'avance et la formule avec cérémonie du thé part en premier.
| Spectacle | Quartier | Dates 2026 | Tarif |
|---|---|---|---|
| Kitano Odori | Kamishichiken | 20 mars au 2 avril | 6 000 à 7 000 ¥ |
| Miyako Odori | Gion Kobu | 1er au 30 avril | 4 000 à 7 000 ¥ |
| Kyo Odori | Miyagawacho | 4 au 19 avril (relâche le 13) | 6 000 à 7 000 ¥ |
| Kamogawa Odori | Pontocho | 5 au 22 mai | 4 000 à 7 000 ¥ |
Source : office de tourisme de Kyoto, consulté le 27 octobre 2026. Le tarif le plus haut inclut la cérémonie du thé avant le spectacle. Les dates 2027 ne sont pas encore publiées : elles tombent en général aux mêmes périodes.
Gion Odori et danses d'automne
En automne, c'est au tour de Gion Higashi : la Gion Odori se tient du 1er au 10 novembre 2026 au Gion Kaikan, à 13 h 30 et 16 h, pour 6 000 ¥ (7 000 ¥ avec le thé). Les autres quartiers donnent en octobre et en novembre des récitals plus intimes, plus chers et moins connus des touristes : l'Onshu-kai de Gion Kobu, le Mizue-kai de Miyagawacho, le Suimei-kai de Pontocho et le Kotobuki-kai de Kamishichiken, du 12 au 18 novembre 2026 (10 000 ¥). Fin juin, le Miyako no Nigiwai réunit au théâtre Minamiza environ 70 geiko et maiko des cinq quartiers, seule fois de l'année où on les voit ensemble sur une même scène.
Gion Corner : le spectacle toute l'année
Hors saison des odori, le Gion Corner, petit théâtre à côté du Gion Kobu Kaburenjo, propose chaque soir une heure de démonstration des arts traditionnels, à 18 h et 19 h : danse de maiko, cérémonie du thé, ikebana, koto, gagaku, théâtre kyogen et bunraku. C'est un condensé pensé pour les visiteurs étrangers, la danse ne dure que quelques minutes. Il ferme le 16 juillet, le 16 août et du 29 décembre au 3 janvier. Le tarif varie selon les sources : vérifiez-le sur le site officiel avant de venir.

Kyoto : danse des geiko ou maiko et musée d'art de Gion
Une courte danse de geiko ou de maiko dans une salle de Gion, suivie de la visite d'un musée d'art du quartier : la formule la plus abordable.
4,6 (553 avis) · 15 min
À partir de23 € par personne
Réserver →Rencontrer une maiko : spectacle privé et dîner
Pour approcher l'ambiance d'un ozashiki, des agences organisent des rencontres en petit groupe : une maiko danse, joue à un jeu de banquet avec les invités, répond aux questions et pose pour une photo. Certaines formules ajoutent un dîner kaiseki. C'est plus cher qu'un odori, mais c'est la seule façon de parler avec une maiko sans être introduit dans une maison de thé.

Kyoto : rencontre avec une maiko et balade culturelle dans Gion
Un moment avec une maiko (danse, échange, photo), suivi d'une promenade commentée dans Gion.
4,8 (448 avis) · 2 à 3 h
Annulation gratuiteÀ partir de61 € par personne
Réserver →
Kyoto : spectacle de geisha d'une heure et sanctuaire Kitano Tenmangu
Une heure de spectacle avec questions et photos, près du sanctuaire Kitano Tenmangu et du quartier de Kamishichiken.
4,8 (673 avis) · 1 h à 105 min
Annulation gratuiteÀ partir de48 € par personne
Réserver →
Kyoto : dîner avec une geisha et balade culturelle dans Gion
La formule la plus complète : dîner en présence d'une geiko ou d'une maiko, après une balade dans Gion.
4,9 (128 avis) · 3 h
À partir de227 € par personne
Réserver →Se déguiser en maiko à Kyoto
Des studios de Gion et de Kiyomizu proposent le henshin, la transformation en maiko : maquillage blanc, perruque, kimono et séance photo. C'est une activité populaire et assumée par les Japonais eux-mêmes. Une seule règle : vous restez une touriste en costume. Ne vous faites pas passer pour une vraie maiko et évitez de poser dans les ruelles privées de Gion.

Kyoto : transformation en maiko et séance photo
Maquillage, coiffure et kimono de maiko, puis séance photo en studio et à l'extérieur.
4,8 (308 avis) · 2.5 h
Annulation gratuiteÀ partir de131 € par personne
Réserver →Liens partenaires. Le prix ne change pas pour vous, le site touche une commission si vous réservez.
Voir des geishas ailleurs qu'à Kyoto : Kanazawa et Tokyo
Kanazawa : Higashi Chaya et ses maisons de thé

Kanazawa est l'autre grande ville des geishas, avec trois quartiers encore actifs : Higashi Chaya, Nishi Chaya et Kazuemachi. Là aussi, on dit geiko. On y visite deux anciennes maisons de thé, la maison Shima, devenue musée, et Kaikaro, qui reçoit encore des banquets le soir. Selon l'office de tourisme de la ville, une initiation avec des geiko est ouverte au public le samedi à 13 h, jusqu'au 20 mars 2027, pour 5 000 ¥ (thé et douceurs compris, hors juillet et août) : vérifiez les dates sur son site avant de réserver. Tarifs et horaires des maisons de thé sont dans notre guide pour visiter Kanazawa.

Kanazawa de nuit : quartiers des samouraïs et des geishas
Higashi Chaya après la fermeture des boutiques, avec un guide qui raconte la vie des geiko, matcha compris.
4,5 (83 avis) · 1.5 à 2 h
Annulation gratuiteÀ partir de30 € par personne
Réserver →Les geishas de Tokyo
Tokyo a gardé plusieurs hanamachi, dont Asakusa, Kagurazaka, Shinbashi et Akasaka, mais sans quartier à flâner comme Gion : les maisons de thé y sont dispersées et peu visibles. On a le plus de chances d'y voir des geishas lors des fêtes, comme le Sanja Matsuri d'Asakusa en mai, où elles défilent.
Mémoires d'une geisha : histoire vraie ou fiction ?
C'est un roman. Arthur Golden, un Américain, l'a publié en 1997, et Rob Marshall en a tiré un film en 2005. Pour l'écrire, Golden avait interrogé Mineko Iwasaki, l'une des geiko les plus célèbres de Gion dans les années 1960 et 1970. Elle lui a reproché d'avoir rompu la promesse d'anonymat et d'avoir prêté à son héroïne une vente de sa virginité, ce qu'elle présentait comme une invention. Elle l'a poursuivi en justice, l'affaire s'est réglée à l'amiable, et elle a publié sa propre version, traduite en français sous le titre Ma vie de geisha. Pour un regard de l'intérieur, c'est par ce livre qu'il faut commencer.
Questions fréquentes sur les geishas
Quelle est la définition d'une geisha ?
Une geisha est une artiste japonaise de divertissement, formée pendant des années à la danse, à la musique, au chant et à l'art de la conversation, qui reçoit des clients lors de banquets dans des maisons de thé. Le mot vient de gei, l'art, et sha, la personne : une personne des arts. À Kyoto, on dit geiko, et l'apprentie s'appelle maiko.
Est-ce que les geishas sont des prostituées ?
Non. La geisha est une artiste, pas une courtisane. La confusion vient des oiran et des yujo des anciens quartiers de plaisirs, qui étaient des prostituées, et des « geisha girls » de l'après-guerre, des femmes qui se présentaient ainsi aux soldats américains sans en avoir la formation. La prostitution est par ailleurs interdite au Japon depuis la loi de 1956, entrée en vigueur en 1958.
Quelle est la différence entre une geisha et une maiko ?
La maiko est l'apprentie, en général entre 15 et 20 ans. Elle porte ses propres cheveux coiffés et chargés d'ornements, un col rouge, un kimono aux manches longues et un obi qui pend jusqu'aux chevilles. La geiko, ou geisha confirmée, porte une perruque, un col blanc et un kimono plus sobre. Le passage de l'une à l'autre s'appelle l'erikae, le changement de col.
Quel est le salaire d'une geisha ?
Aucun chiffre officiel n'est publié. Pendant l'apprentissage, une maiko ne touche pas de salaire au sens strict : la maison qui la forme, l'okiya, la loge, la nourrit, paie ses kimonos et ses cours, et lui verse de l'argent de poche. Une geiko qui a fini de rembourser sa formation devient en principe indépendante et vit des banquets auxquels elle est invitée.
Où voir des geishas à Kyoto ?
Dans les cinq quartiers de geishas de Kyoto, surtout Gion (Hanamikoji-dori et le canal Shirakawa), Pontocho et Miyagawacho, en début de soirée, quand les maiko se rendent aux banquets. Le plus sûr reste un spectacle : les danses de printemps (Miyako Odori en avril, Kamogawa Odori en mai), la Gion Odori en novembre ou le Gion Corner toute l'année.
Peut-on prendre en photo une geisha à Gion ?
Dans les rues publiques, la photo de loin n'est pas interdite, mais la courtoisie impose de ne pas arrêter, suivre ni toucher une maiko. Dans les ruelles privées de Gion, comme Kosode-koji, les photos et l'entrée sont interdites aux touristes depuis le 29 mai 2024, avec une amende de 10 000 ¥ affichée sur les panneaux.
Le livre Les Mémoires d'une geisha est-il basé sur une histoire vraie ?
Non, c'est un roman. Arthur Golden l'a publié en 1997 en s'appuyant sur des entretiens avec Mineko Iwasaki, ancienne geiko de Gion. Elle lui a reproché d'avoir trahi son anonymat et déformé la vie des geishas, l'a poursuivi en justice, puis a raconté sa propre histoire dans une autobiographie, publiée en français sous le titre Ma vie de geisha.
Combien y a-t-il de geishas à Kyoto ?
Selon la fondation qui regroupe les cinq quartiers, Kyoto comptait 155 geiko et 56 maiko en avril 2024, soit 211 au total, contre 175 geiko et 79 maiko en 2019. Aucun chiffre plus récent n'a été publié, et il n'existe pas de recensement officiel à l'échelle du Japon.
Écrit et vérifié par
Rédactrice franco-japonaise, au Japon depuis 2014 (12 ans). Japonais JLPT N1. Installée au Japon depuis 2014, Sofia suit l'actualité des quartiers de geishas de Kyoto et met ce guide à jour à chaque calendrier des odori.
Mis à jour le 27 octobre 2026Méthodologie éditorialeProfil de l'auteur
Crédits photos, via Wikimedia Commons : Maiko à Hanamikoji-dori par Yiannis Theologos Michellis (CC0), Geiko et maiko à Kyoto par Franklin Heijnen (CC BY-SA 2.0), Maiko de Gion Higashi par Kumi Yasukawa (CC BY-SA 2.0), Hanamikoji-dori par 663highland (CC BY 2.5), Miyako Odori par Conveyor belt sushi (CC BY 2.0), Maiko à Kamishichiken par Japanexperterna.se (CC BY-SA 3.0). Autres photos : Pexels.
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