Le Meiji Jingu occupe soixante-dix hectares entre Shibuya et Shinjuku, ce qui en fait le plus vaste espace boisé du centre de Tokyo. Il honore l'empereur Meiji, mort en 1912, et l'impératrice Shoken. Sa forêt, que tout le monde prend pour un vestige, a été plantée en 1920 par des volontaires venus de tout le pays. La visite est gratuite et demande une heure trente.

Le Meiji Jingu en bref
| Entrée | Gratuite, sans billet ni réservation |
|---|---|
| Horaires | Du lever au coucher du soleil, variables chaque mois |
| Jardin intérieur (Gyoen) | 500 ¥, facultatif |
| Meiji Jingu Museum | 1 000 ¥, fermé le jeudi |
| Accès | JR Harajuku (Yamanote), 1 min à pied de l'entrée sud |
| Durée de visite | 1 h 30 pour l'essentiel |
| Meilleur moment | À l'ouverture, avant 9 h |
Visites guidées du Meiji Jingu
L'entrée est libre, donc un guide est la seule dépense qui se pose ici. Elle se justifie pour qui veut comprendre les rites plutôt que les regarder de loin. Les départs se font depuis la gare de Harajuku.

Tokyo : le Meiji Jingu à pied, shintoïsme et système impérial
Le format le plus court et le mieux noté : une heure trente sur le sanctuaire seul, le shinto et le système impérial expliqués sur place.
4,9 (549 avis)
À partir de8 € par personne
Réserver →
Tokyo : le Meiji Jingu et la culture shinto à pied
Deux heures qui relient le sanctuaire, Harajuku et Shibuya, soit le trajet décrit plus bas dans cette page, commenté.
4,9 (381 avis) · 2 h
À partir de8 € par personne
Réserver →
Tokyo : Harajuku et le sanctuaire Meiji Jingu à pied
Le sanctuaire puis Takeshita-dori et Omotesando, avec les arrêts nourriture. Récent, donc peu d'avis pour l'instant.
5,0 (2 avis) · 2 h
À partir de64 € par personne
Réserver →Que voir au Meiji Jingu
Le sanctuaire se parcourt en ligne droite, ou presque. Depuis Harajuku, on franchit un premier torii, puis l'allée de gravier tourne deux fois sous les arbres avant de déboucher sur la cour. Ce détour n'a rien de fortuit : il coupe la vue sur la ville et sert de sas entre l'avenue et le lieu de culte.
Le grand torii qui marque la moitié du chemin mesure douze mètres de haut pour neuf mètres de large. C'est le plus grand portique de bois de style myojin du Japon. Le cyprès dans lequel il est taillé venait de Taïwan et avait environ mille cinq cents ans. Celui d'aujourd'hui date de 1975 : la foudre avait détruit le précédent.
La cour intérieure s'ouvre sur le haiden, le pavillon de prière, dont les boiseries sombres et le toit de cuivre vert tranchent avec le vermillon habituel des sanctuaires. Deux camphriers plantés en 1920 se dressent sur la gauche, reliés par une corde de paille. On les appelle les meoto-kusu, les arbres mariés, et les couples viennent y prier. Le mur d'ema, ces plaquettes de bois où l'on écrit un vœu, se lit comme un livre d'or international : le japonais y côtoie l'anglais, le portugais et le français.
À droite de la cour, le kaguraden accueille les danses rituelles et les cérémonies privées. C'est aussi là que se vendent les omamori, ces amulettes de tissu, entre 800 et 1 000 ¥, et les omikuji du sanctuaire. Ces derniers sont une curiosité : au lieu d'une prédiction, on y trouve un poème composé par l'empereur ou l'impératrice, traduit en anglais au verso.

Si vous ne disposez que d'une heure trente, voici ce qu'il faut voir, dans l'ordre où le chemin les présente :
- Le grand torii : douze mètres de cyprès taïwanais, à mi-chemin de l'allée
- Le mur de tonneaux : les kazaridaru des brasseries, et les fûts de Bourgogne en face
- Le temizuya : la fontaine de purification, juste avant la cour
- Le haiden : le pavillon de prière et son toit de cuivre vert
- Les meoto-kusu : les deux camphriers mariés, à gauche de la cour
- Le mur d'ema : les vœux écrits à la main, dans toutes les langues
Horaires du Meiji Jingu, tarifs et accès
Le Meiji Jingu ne suit pas une horloge mais le soleil. Les portes s'ouvrent au lever et se ferment au coucher, ce qui donne une amplitude de dix heures en décembre et de treize heures et demie en juin. Voici la grille indicative affichée par le sanctuaire, à vérifier sur son site officiel avant de partir à l'aube.
| Mois | Ouverture | Fermeture |
|---|---|---|
| Janvier | 6 h 40 | 16 h 20 |
| Février | 6 h 20 | 16 h 50 |
| Mars | 5 h 40 | 17 h 20 |
| Avril | 5 h 10 | 17 h 50 |
| Mai | 5 h 00 | 18 h 10 |
| Juin | 5 h 00 | 18 h 30 |
| Juillet | 5 h 00 | 18 h 20 |
| Août | 5 h 00 | 18 h 00 |
| Septembre | 5 h 20 | 17 h 20 |
| Octobre | 5 h 40 | 16 h 40 |
| Novembre | 6 h 10 | 16 h 10 |
| Décembre | 6 h 40 | 16 h 00 |
Trois entrées desservent le domaine, et le choix change seulement le point de départ de la marche. Dans tous les cas, comptez dix minutes à pied entre le portique et la cour.
- Entrée sud : la plus empruntée. Gare JR Harajuku sur la ligne Yamanote, à quatre-vingts mètres, ou station Meiji-jingumae sur les lignes Chiyoda et Fukutoshin.
- Entrée nord : par la gare de Yoyogi, lignes JR et Oedo. Utile si vous logez à Shinjuku : c'est aussi le côté du musée.
- Entrée ouest : par Sangubashi sur la ligne privée Odakyu. La plus calme des trois, et la porte du parc Yoyogi.
Le trajet en Yamanote est couvert par le JR Pass, contrairement à la ligne Odakyu.
Le sanctuaire lui-même ne coûte rien. Le jardin intérieur se paie 500 ¥ à l'entrée, en espèces ou par carte, et le musée 1 000 ¥. Les deux se visitent indépendamment du sanctuaire, et aucun n'est indispensable pour comprendre le lieu.
Meiji Jingu, Harajuku et Yoyogi en une demi-journée
Le sanctuaire se visite rarement seul. Ses deux voisins, le parc Yoyogi et le quartier de Harajuku, tiennent dans la même demi-journée à pied, à condition de commencer par le calme et de finir par la foule. Cliquez sur une étape pour la détailler.
Sortie Omotesando de la gare de Harajuku
Comptez 5 min sur place
La ligne Yamanote dépose à quatre-vingts mètres de l'entrée du sanctuaire. Prenez la sortie Omotesando, au sud du bâtiment : elle donne directement sur le pont qui mène au premier torii. La sortie Takeshita, à l'opposé, ouvre sur la rue commerçante et oblige à contourner toute la gare.
Ouvrir par le sanctuaire plutôt que par les boutiques change tout : à 9 h l'allée est calme, à 14 h elle ne l'est plus.
Le torii de douze mètres et l'allée forestière
Comptez 15 min sur place
Passé le portique, le bruit de la ville tombe en quelques dizaines de mètres. L'allée de gravier serpente sur huit cents mètres sous les arbres, avec le mur de tonneaux de saké et les fûts de Bourgogne à mi-chemin. Marchez sur les côtés : le centre de l'allée est réservé au passage des kami.
La cour et le pavillon de prière
Comptez 45 min sur place
Purification à la fontaine, puis prière devant le haiden. La cour intérieure abrite deux camphriers liés par une corde de paille, les meoto-kusu, et un mur d'ema où les vœux s'écrivent dans toutes les langues. C'est aussi ici que passent les cortèges de mariage, surtout le week-end en fin de matinée.
Le jardin intérieur et le puits Kiyomasa
Comptez 45 min sur place
Le jardin impérial se paie 500 ¥ et se mérite : l'entrée se trouve sur l'allée sud, avant la cour. Chemin d'iris, étang à nénuphars, et au fond le puits creusé par Kiyomasa, réputé power spot depuis qu'un présentateur de télévision en a parlé en 2009. En juin, les cent cinquante variétés d'iris justifient à elles seules le détour.
À sauter en plein hiver, quand le jardin est nu. Le musée de Kengo Kuma, à 1 000 ¥, prend alors le relais.
Le parc Yoyogi, de l'autre côté du mur
Comptez 1 h sur place
Sortie nord du sanctuaire, un passage et vous changez de monde : pelouses, joggeurs, groupes de rockabillies le dimanche, musiciens et pique-niques. Le parc n'a rien de sacré, c'est l'ancien terrain d'aviation devenu village olympique en 1964. En avril, ses six cents cerisiers en font l'un des hanami les plus fréquentés de Tokyo.
Déjeuner sur Takeshita-dori ou Omotesando
Comptez 1 h 30 sur place
Deux ambiances à deux cents mètres l'une de l'autre. Takeshita-dori aligne les crêpes, les boutiques kawaii et une foule compacte. Omotesando, l'avenue bordée de zelkovas, tient les enseignes de luxe et les façades signées Ito, Ando ou Herzog et de Meuron. La promenade se termine naturellement à la station Omotesando, sur trois lignes de métro.

La forêt du Meiji Jingu, plantée par des volontaires
C'est le fait le plus contre-intuitif du lieu. Cette forêt dense, qui semble avoir toujours été là, n'existait pas en 1915. Le terrain était une lande pauvre, occupée en partie par un jardin impérial. Quand la décision de bâtir le sanctuaire est prise après la mort de l'empereur, trois forestiers, Honda Seiroku, Hongo Takanori et Uehara Keiji, reçoivent une commande inhabituelle : créer un bois qui aura l'air éternel.
Environ 100 000 arbres, appartenant à près de 365 espèces, arrivent de tout le Japon, offerts par des particuliers, des communes et des associations. Une centaine de milliers de jeunes volontaires les plantent. Le projet des trois forestiers ne visait pas un joli parc mais une succession écologique planifiée sur cent cinquante ans : les pins et les conifères de la première génération devaient céder la place à une forêt de feuillus persistants, chênes et camphriers, capable de se régénérer seule.
Le calendrier a été battu. Les relevés menés autour du centenaire du sanctuaire, en 2020, ont recensé plusieurs milliers d'espèces vivantes sur le domaine, dont des insectes et des champignons qu'on ne s'attendait pas à trouver au milieu d'une capitale. La forêt n'est ni éclaircie ni ratissée : les feuilles mortes restent au sol et personne n'évacue les branches tombées.
Les tonneaux de saké du Meiji Jingu et les fûts de Bourgogne
À mi-parcours de l'allée, un long mur de tonneaux peints arrête tous les visiteurs. Ce sont des kazaridaru, des fûts décoratifs, vides, offerts chaque année par des brasseries de saké de tout l'archipel. Chacun porte le nom de sa maison en calligraphie. L'offrande de saké au sanctuaire est un usage ancien : la boisson sert de lien entre les fidèles et les kami lors des rituels.
En face, un second mur surprend davantage. Il aligne des fûts de vin de Bourgogne, offerts par des maisons françaises. L'explication tient à l'empereur lui-même. Meiji buvait du vin et encourageait l'adoption d'usages occidentaux dans un Japon qui sortait de deux siècles de fermeture. Les vignerons bourguignons ont repris la tradition d'offrande shinto et l'ont appliquée à leurs propres barriques.
Pour un visiteur français, c'est le détail le plus inattendu du sanctuaire, et l'un des rares endroits au Japon où une allée impériale cite la Côte-d'Or. Les deux murs se photographient mieux le matin, quand le soleil passe encore au-dessus des arbres.

Pourquoi un sanctuaire pour l'empereur Meiji
Mutsuhito monte sur le trône en 1867, à quinze ans, au moment où le shogunat s'effondre. Son règne, qu'on désigne par le nom d'ère Meiji, dure jusqu'en 1912 et couvre la transformation la plus rapide qu'un pays ait connue : abolition des privilèges des samouraïs, chemin de fer, conscription, code civil, industrie lourde, constitution. La capitale quitte Kyoto pour Edo, rebaptisée Tokyo.
Quand il meurt en juillet 1912, l'émotion est telle que des comités se forment pour lui élever un sanctuaire à Tokyo, alors qu'il est enterré près de Kyoto. Les travaux durent cinq ans. Le sanctuaire est consacré le 1er novembre 1920. L'impératrice Shoken, morte en 1914, y est honorée à ses côtés. Elle avait soutenu l'éducation des filles et la Croix-Rouge japonaise, ce que rappellent plusieurs objets du musée.
Les bâtiments d'origine n'ont pas tenu. Lesbombardements d'avril 1945 détruisent le pavillon principal. La reconstruction est financée par une souscription publique et le nouveau sanctuaire est inauguré en 1958. La forêt, elle, a traversé la guerre presque intacte. C'est donc l'élément le plus ancien du site, alors qu'on la croit décorative.
Assister à un mariage shinto au Meiji Jingu

Le Meiji Jingu est l'un des lieux les plus demandés du Japon pour se marier selon le rite shinto. Plusieurs cérémonies s'y tiennent chaque week-end, et le cortège traverse la cour à découvert, ce qui en fait un spectacle ouvert à tous sans rien de voyeur.
La procession suit un ordre fixe. Deux prêtres ouvrent la marche, suivis des miko, les servantes du sanctuaire en hakama rouge. Viennent ensuite les mariés sous une grande ombrelle de papier rouge, elle en shiromuku, le kimono blanc de cérémonie, lui en haori et hakama sombres, puis les deux familles. La cérémonie elle-même se déroule à l'intérieur, hors de vue, et comprend l'échange des coupes de saké.
Le meilleur créneau est le samedi et le dimanche entre 11 h et 14 h, surtout au printemps et en automne. Photographier le cortège de loin ne pose pas de problème. Se placer sur son passage, courir à côté ou tendre un téléphone à cinquante centimètres des mariés en pose un.
Le jardin du Meiji Jingu, le puits Kiyomasa et le musée
Le Meiji Jingu Gyoen est antérieur au sanctuaire. Ce jardin appartenait à une résidence seigneuriale, puis à la maison impériale, et l'empereur en a dessiné lui-même le champ d'iris pour son épouse. Cent cinquante variétés d'iris y fleurissent en juin, ce qui est de loin le meilleur moment pour payer les 500 ¥. Le reste de l'année, le jardin vaut surtout pour son silence : la foule de l'allée principale s'arrête au guichet.
Au fond du jardin, le puits de Kiyomasa attire une file d'attente qui n'a pas grand-chose de religieux. Ce puits creusé au début du XVIIe siècle donne encore une eau à quinze degrés toute l'année. Depuis qu'une émission de télévision l'a présenté comme un power spot en 2009, des visiteurs viennent y photographier l'eau avec leur téléphone, censé en garder l'énergie.
Le Meiji Jingu Museum, ouvert en 2019 pour le centenaire, a été conçu par Kengo Kuma. Le bâtiment reste bas, s'efface derrière une charpente de bois et se laisse traverser par la lumière de la forêt. Il conserve les objets du couple impérial, dont le carrosse qui a porté l'empereur lors de la promulgation de la constitution de 1889. Entrée 1 000 ¥, fermé le jeudi.
Le Meiji Jingu au Nouvel An : trois millions de visiteurs
Le hatsumode est la première visite de l'année à un sanctuaire. Le Meiji Jingu en est la destination numéro un du pays : environ trois millions de personnes s'y présentent entre le 1er et le 3 janvier. Le sanctuaire reste alors ouvert toute la nuit du 31 décembre et l'allée devient un flux canalisé par des barrières, où l'on avance au pas pendant une heure ou plus.
Ces trois jours se vivent pour la foule elle-même : les stands de nourriture le long du parc et le fracas des pièces jetées dans un immense coffre à offrandes. Si vous voyagez début janvier et que vous voulez voir le lieu lui-même, revenez après le 5.
Le reste du calendrier est plus tranquille. Le 3 novembre, jour anniversaire de l'empereur, donne lieu à des démonstrations d'arts martiaux et de tir à l'arc à cheval. En avril et en octobre, des représentations de nô et de musique de cour se tiennent dans la cour intérieure.

Que faire autour du Meiji Jingu
Le sanctuaire tient dans une matinée, ce qui laisse l'après-midi pour le reste de Tokyo. La suite logique à pied passe par le parc Yoyogi, Takeshita-dori et l'avenue Omotesando. Depuis la station Omotesando, trois lignes de métro ouvrent le reste de la ville. Shibuya et son carrefour sont à un arrêt, ou à vingt minutes de marche par les ruelles de Cat Street.

Pour un contraste plus net, mettez le Meiji Jingu et Asakusa le même jour. Le premier est un sanctuaire shinto de 1920 posé dans une forêt, le second un temple bouddhiste fondé au VIIe siècle au bout d'une rue de commerces. Les deux se disputent le titre de site religieux le plus visité de la capitale, et ils ne se ressemblent en rien. Trente-cinq minutes de métro les séparent.
Si le sujet vous prend, l'étape suivante est à Kyoto avec le Fushimi Inari Taisha et ses milliers de torii vermillon, l'autre grand sanctuaire du Japon, dont l'esthétique est à l'opposé de la sobriété du Meiji Jingu. Au printemps, les cerisiers du parc Yoyogi entrent dans le calendrier du sakura autour de la fin mars.
Préparer votre visite du Meiji Jingu
Le sanctuaire ne demande aucun budget. Prévoyez seulement de quoi payer le jardin ou le musée si vous les ajoutez, et une amulette si l'envie vous prend. Une visite guidée a du sens pour qui veut comprendre les rites plutôt que les regarder : les guides francophones et anglophones partent le plus souvent de la gare de Harajuku et enchaînent avec le quartier.
Loger à Shibuya ou à Shinjuku met le sanctuaire à moins de dix minutes de train, et le rend accessible à l'ouverture sans se lever à l'aube.
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