Le Mont Fuji (Fujisan) est le point culminant du Japon, à une centaine de kilomètres de Tokyo. La plupart des voyageurs viennent pour une seule chose : le voir, idéalement par temps clair. Ce guide commence donc par les meilleurs points de vue, puis détaille comment le photographier, comment le gravir pendant la saison d'été et comment s'y rendre depuis Tokyo.
Où voir le Mont Fuji : les 6 meilleurs spots
On admire le Fuji de loin, jamais de près : c'est à 15 ou 25 km, autour des Cinq Lacs et à Hakone, que l'on obtient les plus belles vues. Voici les spots les plus accessibles depuis Tokyo. Repérez-les d'abord sur la carte, puis choisissez selon la saison : sans voiture, une excursion à la journée combine plusieurs points de vue avec le transport inclus.
Cinq LacsLac Kawaguchiko
Le plus accessible des Cinq Lacs et la vue la plus directe. Par temps calme, le reflet du Fuji sur l'eau (le Fuji inversé) est l'image la plus iconique du Japon.
PagodePagode Chureito
398 marches mènent à la pagode rouge à cinq étages qui se détache devant le Fuji. Le point de vue le plus photographié du pays, sublime en avril sous les cerisiers.
JardinParc Oishi
Sur la rive nord de Kawaguchiko, un parc fleuri face au Fuji : lavande en juin-juillet, nemophila au printemps, kochia rouge à l'automne. Premier plan idéal pour la photo.
OnsenHakone
Le Fuji apparaît au-dessus du lac Ashi et depuis Owakudani. Le meilleur choix pour combiner la montagne avec des onsens, des musées et une croisière.
VilleRue Honcho, Fujiyoshida
La rue commerçante rétro de Fujiyoshida, où le Fuji semble poser au bout de l'avenue, entre lanternes et enseignes anciennes. Un cadrage urbain devenu culte.
En cheminShinkansen Tokaido
Depuis la ligne Tokaido, le Fuji passe côté droit (sièges D et E) entre Shin-Yokohama et Shizuoka. Pensez à réserver ce côté pour l'apercevoir en mouvement.
Excursions au Mont Fuji depuis Tokyo
Journées Kawaguchiko + Chureito + Hakone au départ de Tokyo, transport inclus, avec annulation gratuite. Pratique pour voir le maximum sans voiture.
Photographier le Mont Fuji

Le Fuji est timide : il se cache derrière les nuages une grande partie de l'année. La règle de base tient en deux mots : tôt et sec. La fenêtre la plus fiable est le lever du soleil et la première heure de la matinée, quand l'air est calme et la montagne dégagée. Côté saison, l'hiver (novembre à février) gagne à tous les coups : l'air froid et sec donne la meilleure visibilité, et le sommet est joliment enneigé.
Pour le reflet parfait sur l'eau, le Fuji inversé, il faut un lac sans vent au petit matin : la rive nord de Kawaguchiko et le lac Tanuki sont réputés pour ça. Au tout début du lever de soleil d'hiver, le sommet peut rougeoyer quelques minutes : c'est l'aka-fuji, très recherché des photographes. Deux fois par an, autour de la mi-février et de la fin octobre depuis certains spots, le soleil se couche pile sur le sommet et forme le diamant du Fuji (diamond Fuji).
Les meilleurs cadrages mêlent le Fuji à un premier plan japonais : la pagode Chureito, les champs de fleurs du parc Oishi, ou la rue commerçante de Fujiyoshida d'où la montagne semble fermer la perspective. Ces spots sont très fréquentés aux heures de pointe ; arriver avant 7h en semaine change tout.
Réussir sa photo du Fuji : vérifiez la météo et la visibilité la veille au soir, visez le lever du soleil, privilégiez l'hiver pour l'air sec et le sommet enneigé, et cherchez un premier plan (pagode, lac, fleurs, rue). Pour le reflet, un lac sans vent au petit matin. Reportez d'un jour si le ciel est bouché : le Fuji ne se laisse pas forcer.
La saison change tout sur la lumière et la neige : notre page quand partir au Japon détaille les mois les plus favorables, région par région.
Gravir le Mont Fuji
La saison d'ascension s'étend du 1er juillet au 10 septembre. Le sentier Yoshida ouvre le 1er juillet, les trois autres (Fujinomiya, Subashiri, Gotemba) le 10 juillet. En dehors de cette période, les refuges sont fermés et les conditions deviennent dangereuses. Quatre sentiers mènent au sommet, du plus fréquenté au plus sauvage.
| Sentier | 5e station | Montée | Difficulté | Affluence | Réservation |
|---|---|---|---|---|---|
| Yoshida | 2 305 m | 5 à 7 h | Modérée | Très forte (~65 %) | Obligatoire |
| Subashiri | 1 980 m | 5 à 8 h | Modérée | Faible | Non |
| Gotemba | 1 440 m | 7 à 10 h | Difficile | Très faible | Non |
| Fujinomiya | 2 380 m | 4 à 7 h | Soutenue (raide) | Moyenne | Non |
La majorité des grimpeurs partent en début d'après-midi, dorment dans un refuge entre la 7e et la 8e station, puis reprennent la montée vers 1h ou 2h du matin pour atteindre le sommet au lever du soleil. Ce lever de soleil vu d'en haut s'appelle le goraiko : le ciel passe du noir au violet puis à l'orange, et le soleil émerge au-dessus d'une mer de nuages. C'est l'expérience centrale de l'ascension.

Réservation obligatoire depuis 2024
Face aux records d'affluence et aux situations dangereuses (le bullet climbing, monter de nuit sans dormir), la préfecture de Yamanashi a instauré un nouveau système. Depuis 2024, le sentier Yoshida impose une réservation en ligne obligatoire, plafonnée à 4 000 grimpeurs par jour, avec une porte d'accès à la 5e station qui ferme à 16h. Sans réservation, l'accès est refusé.
À retenir pour l'ascension : sur le Yoshida, réservation obligatoire (ouverture en mai), plafond de 4 000 grimpeurs/jour, porte fermée à 16h, droit d'accès de 4 000 yens. Réservez dès l'ouverture pour les week-ends de juillet et août. Les sentiers côté Shizuoka (Fujinomiya, Subashiri, Gotemba) restent sans réservation obligatoire pour l'instant, avec une contribution de 1 000 yens.
Refuges de montagne (sansou)
Le sentier Yoshida compte une quinzaine de refuges entre la 7e et la 8e station. On y dort en dortoir partagé, futons alignés, dîner (souvent un curry) et petit-déjeuner inclus, pour 7 000 à 10 000 yens la nuit. Les conditions sont spartiates : pas de douche, extinction des lumières vers 20h, réveil vers 1h ou 2h. Réservez un à deux mois à l'avance, surtout pour les week-ends d'été. L'alternative, le bullet climbing, est déconseillée par les autorités : le manque de sommeil augmente nettement le risque de mal d'altitude et de chute.
Difficulté et équipement
L'ascension ne demande pas de matériel technique, mais ce n'est pas une promenade. Au sommet, il fait 5 à 8 °C le jour et souvent sous 0 °C la nuit, avec un vent glacial. Prévoyez des vêtements en couches, un coupe-vent imperméable, des gants, un bonnet, une lampe frontale pour la montée de nuit et au moins 1,5 litre d'eau. Les chaussures de randonnée montantes sont vivement recommandées : le terrain est rocheux et le gravier volcanique glisse à la descente. Le mal d'altitude peut se manifester au-dessus de 3 000 m (maux de tête, nausées) ; montez lentement, hydratez-vous et acclimatez-vous à la 5e station avant de partir.
Accès au Mont Fuji depuis Tokyo

La porte d'entrée de la région est Kawaguchiko, à environ deux heures de Tokyo. Pour l'ascension, on rejoint ensuite la 5e station du sentier Yoshida en bus. En haute saison, les voitures particulières sont interdites sur la Fuji Subaru Line : un parking-relais avec navette est obligatoire.
| Option | Depuis | Durée | Bon à savoir |
|---|---|---|---|
| Train Fuji Excursion | Shinjuku | ~2 h | Direct jusqu'à Kawaguchiko, couvert par le JR Pass |
| Bus express | Shinjuku | ~1 h 45 | ≈ 2 000 ¥, arrive à Kawaguchiko ou à la 5e station (saison) |
| Shinkansen + bus | Tokyo | ~1 h + bus | Jusqu'à Mishima ou Shin-Fuji, puis bus. Utile avec un JR Pass |
| Bus 5e station Yoshida | Kawaguchiko | ~50 min | ≈ 2 100 ¥ A/R. Voitures interdites en haute saison |
Le train Fuji Excursion depuis Shinjuku est le plus simple et il est couvert par le JR Pass. Sur place, une eSIM data activée avant le départ facilite la navigation et les horaires de bus en temps réel. eSIM Japon avec Airalo.
Hébergement autour du Fuji
Dormir à Kawaguchiko permet de profiter du Fuji au lever du soleil. Comparez les hôtels et ryokans de la région, dont certains avec vue directe sur la montagne.
Le Mont Fuji en bref
Le Fuji culmine à 3 776 m. C'est un stratovolcan actif dont la dernière éruption remonte à 1707 (éruption Hoei) : elle a duré seize jours et projeté des cendres jusqu'à Edo, l'ancien Tokyo. Son nom japonais est Fujisan, et non Fujiyama, une erreur de lecture courante des caractères. Montagne sacrée du shintoïsme, il a été interdit aux femmes jusqu'en 1872.
L'UNESCO l'a inscrit au patrimoine mondial en 2013, comme site culturel et non naturel, en raison de son rôle dans l'art, la religion et la littérature japonaise. Les 36 vues du Mont Fuji de Hokusai, dont la célèbre Grande Vague de Kanagawa, comptent parmi les estampes les plus connues au monde. Le billet de 1 000 yens porte une image du Fuji vu depuis le lac Motosu.
Chiffres clés : altitude 3 776 m, dernière éruption en 1707, patrimoine UNESCO depuis 2013 (site culturel), 200 000 à 300 000 grimpeurs par saison, visible depuis Tokyo environ 80 jours par an.
Budget pour le Mont Fuji
Pour une ascension avec nuit en refuge, transport depuis Kawaguchiko et repas, comptez entre 15 000 et 20 000 yens : droit d'accès Yoshida (4 000 yens), refuge (7 000 à 10 000 yens), bus aller-retour vers la 5e station (~2 100 yens), toilettes et eau en montagne. En ajoutant le transport depuis Tokyo et une nuit d'hôtel à Kawaguchiko, le total se situe entre 25 000 et 40 000 yens.
Pour un séjour d'observation sans ascension (Kawaguchiko, une à deux nuits), prévoyez 15 000 à 30 000 yens par personne : transport, hôtel, repas et activités comme le téléphérique, le vélo ou l'onsen. Pour affiner selon vos dates, consultez notre guide quand partir au Japon.
Questions fréquentes sur le Mont Fuji
Quelle est la meilleure période pour gravir le Fuji ?
Du 1er juillet au 10 septembre uniquement : hors saison, les refuges ferment et l'accès est déconseillé. Pour éviter la foule, préférez un jour de semaine début juillet ou début septembre plutôt qu'un week-end d'août.
Est-il difficile de monter le mont Fuji ?
Pas techniquement : c'est une longue marche, pas de l'escalade. Le vrai défi est ailleurs, dans l'altitude, le froid nocturne et la fatigue de la montée de nuit. Le mal d'altitude peut toucher n'importe qui au-dessus de 3 000 m, même en bonne forme.
Faut-il réserver pour grimper le Mont Fuji ?
Sur le sentier Yoshida, oui : réservation en ligne obligatoire depuis 2024, ouverte en mai. Les trois sentiers côté Shizuoka (Fujinomiya, Subashiri, Gotemba) n'imposent pas encore de réservation, seulement une contribution de 1 000 yens.
Quelle est la particularité du mont Fuji ?
C'est le plus haut sommet du Japon et un stratovolcan actif dont la silhouette conique presque parfaite est devenue le symbole du pays. Montagne sacrée du shinto, il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2013 comme site culturel.
Quelle est la légende du mont Fuji ?
La plus connue vient du Conte du coupeur de bambou (Xe siècle) : la princesse Kaguya, venue de la Lune, laisse à l'empereur un élixir d'immortalité avant de repartir. Inconsolable, il le fait brûler au sommet de la plus haute montagne, d'où monterait depuis une fumée éternelle. Le nom Fuji est d'ailleurs rapproché de fushi, l'immortalité.
Le mont Fuji est-il encore un volcan actif ?
Oui, il est classé actif, mais sans éruption depuis 1707 et sans aucun signe d'activité imminente aujourd'hui. La région maintient un plan d'évacuation par simple précaution.
Quelle est la température au sommet du mont Fuji ?
Froid toute l'année : quelques degrés au-dessus de zéro le jour, souvent en dessous la nuit et au lever du soleil, le vent aggravant la sensation. La règle : environ 6 °C de moins par 1 000 m, soit un écart de 25 à 30 °C avec Tokyo. Couches chaudes et coupe-vent imperméable sont indispensables.
Peut-on voir le Mont Fuji depuis Tokyo ?
Oui, une petite centaine de jours par an, surtout en hiver quand l'air est sec. En chemin, le Shinkansen l'offre côté droit (sièges D/E) entre Shin-Yokohama et Shizuoka ; pour une vue garantie par beau temps, Kawaguchiko ou la pagode Chureito, à environ 2 h de Shinjuku.
Quel est le meilleur moment pour photographier le Fuji ?
Au lever du soleil et par temps sec, idéalement de novembre à février. Pour le reflet sur l'eau, visez un lac sans vent à l'aube ; en hiver, guettez l'aka-fuji, ces quelques minutes où le sommet rougeoie au petit matin.
Kawaguchiko ou Hakone pour voir le Fuji ?
Kawaguchiko pour les vues les plus proches et dégagées (pagode Chureito, parc Oishi). Hakone si vous voulez y ajouter onsens, musées et croisière. En clair : le Fuji d'abord, c'est Kawaguchiko ; une expérience plus variée, c'est Hakone.
