Mont Fuji enneigé au lever du soleil au-dessus du lac Kawaguchiko
Destination · Chubu

Mont Fuji

3 776 m, volcan sacré, patrimoine mondial UNESCO. Où le voir, comment le photographier, comment le gravir et comment y aller depuis Tokyo.

Guide complet16 min de lecture

Le Mont Fuji (Fujisan) est le point culminant du Japon, à une centaine de kilomètres de Tokyo. La plupart des voyageurs viennent pour une seule chose : le voir, idéalement par temps clair. Ce guide commence donc par les meilleurs points de vue, puis détaille comment le photographier, comment le gravir pendant la saison d'été et comment s'y rendre depuis Tokyo.

Où voir le Mont Fuji : les 6 meilleurs spots

On admire le Fuji de loin, jamais de près : c'est à 15 ou 25 km, autour des Cinq Lacs et à Hakone, que l'on obtient les plus belles vues. Voici les spots les plus accessibles depuis Tokyo. Repérez-les d'abord sur la carte, puis choisissez selon la saison : sans voiture, une excursion à la journée combine plusieurs points de vue avec le transport inclus.

Mont Fuji enneigé au-dessus du lac Kawaguchiko par ciel clairCinq Lacs

Lac Kawaguchiko

Le plus accessible des Cinq Lacs et la vue la plus directe. Par temps calme, le reflet du Fuji sur l'eau (le Fuji inversé) est l'image la plus iconique du Japon.

🚆 ~2 h de Shinjuku
📸 Matin calme, hiver
Pagode Chureito rouge devant le Mont Fuji enneigé près de KawaguchikoPagode

Pagode Chureito

398 marches mènent à la pagode rouge à cinq étages qui se détache devant le Fuji. Le point de vue le plus photographié du pays, sublime en avril sous les cerisiers.

🚆 ~2 h 15 (Shimoyoshida)
📸 Cerisiers (avril), automne
Champs de fleurs colorées du parc Oishi avec le Mont Fuji en arrière-planJardin

Parc Oishi

Sur la rive nord de Kawaguchiko, un parc fleuri face au Fuji : lavande en juin-juillet, nemophila au printemps, kochia rouge à l'automne. Premier plan idéal pour la photo.

🚆 ~2 h 15 (rive nord)
📸 Lavande (juin-juillet)
Mont Fuji au-dessus du lac Ashi avec le torii rouge de HakoneOnsen

Hakone

Le Fuji apparaît au-dessus du lac Ashi et depuis Owakudani. Le meilleur choix pour combiner la montagne avec des onsens, des musées et une croisière.

🚆 ~1 h 30 (Romancecar)
📸 Matin d'automne et d'hiver
Rue commerçante Honcho de Fujiyoshida avec le Mont Fuji fermant la perspectiveVille

Rue Honcho, Fujiyoshida

La rue commerçante rétro de Fujiyoshida, où le Fuji semble poser au bout de l'avenue, entre lanternes et enseignes anciennes. Un cadrage urbain devenu culte.

🚆 ~2 h (Fujisan)
📸 Fin de journée claire
Shinkansen N700 à quai sur la ligne Tokaido, trajet d'où l'on voit le Mont FujiEn chemin

Shinkansen Tokaido

Depuis la ligne Tokaido, le Fuji passe côté droit (sièges D et E) entre Shin-Yokohama et Shizuoka. Pensez à réserver ce côté pour l'apercevoir en mouvement.

🚆 Pendant le trajet
📸 Hiver, ciel dégagé

Excursions au Mont Fuji depuis Tokyo

Journées Kawaguchiko + Chureito + Hakone au départ de Tokyo, transport inclus, avec annulation gratuite. Pratique pour voir le maximum sans voiture.

Photographier le Mont Fuji

Reflet du Mont Fuji enneigé sur le lac Kawaguchiko au crépuscule
Le reflet du Fuji sur le lac Kawaguchiko, surnommé le Fuji inversé.

Le Fuji est timide : il se cache derrière les nuages une grande partie de l'année. La règle de base tient en deux mots : tôt et sec. La fenêtre la plus fiable est le lever du soleil et la première heure de la matinée, quand l'air est calme et la montagne dégagée. Côté saison, l'hiver (novembre à février) gagne à tous les coups : l'air froid et sec donne la meilleure visibilité, et le sommet est joliment enneigé.

Pour le reflet parfait sur l'eau, le Fuji inversé, il faut un lac sans vent au petit matin : la rive nord de Kawaguchiko et le lac Tanuki sont réputés pour ça. Au tout début du lever de soleil d'hiver, le sommet peut rougeoyer quelques minutes : c'est l'aka-fuji, très recherché des photographes. Deux fois par an, autour de la mi-février et de la fin octobre depuis certains spots, le soleil se couche pile sur le sommet et forme le diamant du Fuji (diamond Fuji).

Les meilleurs cadrages mêlent le Fuji à un premier plan japonais : la pagode Chureito, les champs de fleurs du parc Oishi, ou la rue commerçante de Fujiyoshida d'où la montagne semble fermer la perspective. Ces spots sont très fréquentés aux heures de pointe ; arriver avant 7h en semaine change tout.

Réussir sa photo du Fuji : vérifiez la météo et la visibilité la veille au soir, visez le lever du soleil, privilégiez l'hiver pour l'air sec et le sommet enneigé, et cherchez un premier plan (pagode, lac, fleurs, rue). Pour le reflet, un lac sans vent au petit matin. Reportez d'un jour si le ciel est bouché : le Fuji ne se laisse pas forcer.

La saison change tout sur la lumière et la neige : notre page quand partir au Japon détaille les mois les plus favorables, région par région.

Gravir le Mont Fuji

La saison d'ascension s'étend du 1er juillet au 10 septembre. Le sentier Yoshida ouvre le 1er juillet, les trois autres (Fujinomiya, Subashiri, Gotemba) le 10 juillet. En dehors de cette période, les refuges sont fermés et les conditions deviennent dangereuses. Quatre sentiers mènent au sommet, du plus fréquenté au plus sauvage.

Sentier5e stationMontéeDifficultéAffluenceRéservation
Yoshida2 305 m5 à 7 hModéréeTrès forte (~65 %)Obligatoire
Subashiri1 980 m5 à 8 hModéréeFaibleNon
Gotemba1 440 m7 à 10 hDifficileTrès faibleNon
Fujinomiya2 380 m4 à 7 hSoutenue (raide)MoyenneNon

La majorité des grimpeurs partent en début d'après-midi, dorment dans un refuge entre la 7e et la 8e station, puis reprennent la montée vers 1h ou 2h du matin pour atteindre le sommet au lever du soleil. Ce lever de soleil vu d'en haut s'appelle le goraiko : le ciel passe du noir au violet puis à l'orange, et le soleil émerge au-dessus d'une mer de nuages. C'est l'expérience centrale de l'ascension.

Grimpeur au sommet du Mont Fuji devant le lever de soleil au-dessus des nuages (goraiko)
Le goraiko, lever de soleil depuis le sommet, au-dessus de la mer de nuages.

Réservation obligatoire depuis 2024

Face aux records d'affluence et aux situations dangereuses (le bullet climbing, monter de nuit sans dormir), la préfecture de Yamanashi a instauré un nouveau système. Depuis 2024, le sentier Yoshida impose une réservation en ligne obligatoire, plafonnée à 4 000 grimpeurs par jour, avec une porte d'accès à la 5e station qui ferme à 16h. Sans réservation, l'accès est refusé.

À retenir pour l'ascension : sur le Yoshida, réservation obligatoire (ouverture en mai), plafond de 4 000 grimpeurs/jour, porte fermée à 16h, droit d'accès de 4 000 yens. Réservez dès l'ouverture pour les week-ends de juillet et août. Les sentiers côté Shizuoka (Fujinomiya, Subashiri, Gotemba) restent sans réservation obligatoire pour l'instant, avec une contribution de 1 000 yens.

Refuges de montagne (sansou)

Le sentier Yoshida compte une quinzaine de refuges entre la 7e et la 8e station. On y dort en dortoir partagé, futons alignés, dîner (souvent un curry) et petit-déjeuner inclus, pour 7 000 à 10 000 yens la nuit. Les conditions sont spartiates : pas de douche, extinction des lumières vers 20h, réveil vers 1h ou 2h. Réservez un à deux mois à l'avance, surtout pour les week-ends d'été. L'alternative, le bullet climbing, est déconseillée par les autorités : le manque de sommeil augmente nettement le risque de mal d'altitude et de chute.

Difficulté et équipement

L'ascension ne demande pas de matériel technique, mais ce n'est pas une promenade. Au sommet, il fait 5 à 8 °C le jour et souvent sous 0 °C la nuit, avec un vent glacial. Prévoyez des vêtements en couches, un coupe-vent imperméable, des gants, un bonnet, une lampe frontale pour la montée de nuit et au moins 1,5 litre d'eau. Les chaussures de randonnée montantes sont vivement recommandées : le terrain est rocheux et le gravier volcanique glisse à la descente. Le mal d'altitude peut se manifester au-dessus de 3 000 m (maux de tête, nausées) ; montez lentement, hydratez-vous et acclimatez-vous à la 5e station avant de partir.

Accès au Mont Fuji depuis Tokyo

Train rétro Fujikyu à la gare de Kawaguchiko avec le Mont Fuji enneigé en arrière-plan
La gare de Kawaguchiko, terminus de la ligne Fujikyu et porte d'entrée de la région.

La porte d'entrée de la région est Kawaguchiko, à environ deux heures de Tokyo. Pour l'ascension, on rejoint ensuite la 5e station du sentier Yoshida en bus. En haute saison, les voitures particulières sont interdites sur la Fuji Subaru Line : un parking-relais avec navette est obligatoire.

OptionDepuisDuréeBon à savoir
Train Fuji ExcursionShinjuku~2 hDirect jusqu'à Kawaguchiko, couvert par le JR Pass
Bus expressShinjuku~1 h 45≈ 2 000 ¥, arrive à Kawaguchiko ou à la 5e station (saison)
Shinkansen + busTokyo~1 h + busJusqu'à Mishima ou Shin-Fuji, puis bus. Utile avec un JR Pass
Bus 5e station YoshidaKawaguchiko~50 min≈ 2 100 ¥ A/R. Voitures interdites en haute saison

Le train Fuji Excursion depuis Shinjuku est le plus simple et il est couvert par le JR Pass. Sur place, une eSIM data activée avant le départ facilite la navigation et les horaires de bus en temps réel. eSIM Japon avec Airalo.

🏨

Hébergement autour du Fuji

Dormir à Kawaguchiko permet de profiter du Fuji au lever du soleil. Comparez les hôtels et ryokans de la région, dont certains avec vue directe sur la montagne.

Le Mont Fuji en bref

Le Fuji culmine à 3 776 m. C'est un stratovolcan actif dont la dernière éruption remonte à 1707 (éruption Hoei) : elle a duré seize jours et projeté des cendres jusqu'à Edo, l'ancien Tokyo. Son nom japonais est Fujisan, et non Fujiyama, une erreur de lecture courante des caractères. Montagne sacrée du shintoïsme, il a été interdit aux femmes jusqu'en 1872.

L'UNESCO l'a inscrit au patrimoine mondial en 2013, comme site culturel et non naturel, en raison de son rôle dans l'art, la religion et la littérature japonaise. Les 36 vues du Mont Fuji de Hokusai, dont la célèbre Grande Vague de Kanagawa, comptent parmi les estampes les plus connues au monde. Le billet de 1 000 yens porte une image du Fuji vu depuis le lac Motosu.

Chiffres clés : altitude 3 776 m, dernière éruption en 1707, patrimoine UNESCO depuis 2013 (site culturel), 200 000 à 300 000 grimpeurs par saison, visible depuis Tokyo environ 80 jours par an.

Budget pour le Mont Fuji

Pour une ascension avec nuit en refuge, transport depuis Kawaguchiko et repas, comptez entre 15 000 et 20 000 yens : droit d'accès Yoshida (4 000 yens), refuge (7 000 à 10 000 yens), bus aller-retour vers la 5e station (~2 100 yens), toilettes et eau en montagne. En ajoutant le transport depuis Tokyo et une nuit d'hôtel à Kawaguchiko, le total se situe entre 25 000 et 40 000 yens.

Pour un séjour d'observation sans ascension (Kawaguchiko, une à deux nuits), prévoyez 15 000 à 30 000 yens par personne : transport, hôtel, repas et activités comme le téléphérique, le vélo ou l'onsen. Pour affiner selon vos dates, consultez notre guide quand partir au Japon.

Questions fréquentes sur le Mont Fuji

Quelle est la meilleure période pour gravir le Fuji ?

Du 1er juillet au 10 septembre uniquement : hors saison, les refuges ferment et l'accès est déconseillé. Pour éviter la foule, préférez un jour de semaine début juillet ou début septembre plutôt qu'un week-end d'août.

Est-il difficile de monter le mont Fuji ?

Pas techniquement : c'est une longue marche, pas de l'escalade. Le vrai défi est ailleurs, dans l'altitude, le froid nocturne et la fatigue de la montée de nuit. Le mal d'altitude peut toucher n'importe qui au-dessus de 3 000 m, même en bonne forme.

Faut-il réserver pour grimper le Mont Fuji ?

Sur le sentier Yoshida, oui : réservation en ligne obligatoire depuis 2024, ouverte en mai. Les trois sentiers côté Shizuoka (Fujinomiya, Subashiri, Gotemba) n'imposent pas encore de réservation, seulement une contribution de 1 000 yens.

Quelle est la particularité du mont Fuji ?

C'est le plus haut sommet du Japon et un stratovolcan actif dont la silhouette conique presque parfaite est devenue le symbole du pays. Montagne sacrée du shinto, il est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2013 comme site culturel.

Quelle est la légende du mont Fuji ?

La plus connue vient du Conte du coupeur de bambou (Xe siècle) : la princesse Kaguya, venue de la Lune, laisse à l'empereur un élixir d'immortalité avant de repartir. Inconsolable, il le fait brûler au sommet de la plus haute montagne, d'où monterait depuis une fumée éternelle. Le nom Fuji est d'ailleurs rapproché de fushi, l'immortalité.

Le mont Fuji est-il encore un volcan actif ?

Oui, il est classé actif, mais sans éruption depuis 1707 et sans aucun signe d'activité imminente aujourd'hui. La région maintient un plan d'évacuation par simple précaution.

Quelle est la température au sommet du mont Fuji ?

Froid toute l'année : quelques degrés au-dessus de zéro le jour, souvent en dessous la nuit et au lever du soleil, le vent aggravant la sensation. La règle : environ 6 °C de moins par 1 000 m, soit un écart de 25 à 30 °C avec Tokyo. Couches chaudes et coupe-vent imperméable sont indispensables.

Peut-on voir le Mont Fuji depuis Tokyo ?

Oui, une petite centaine de jours par an, surtout en hiver quand l'air est sec. En chemin, le Shinkansen l'offre côté droit (sièges D/E) entre Shin-Yokohama et Shizuoka ; pour une vue garantie par beau temps, Kawaguchiko ou la pagode Chureito, à environ 2 h de Shinjuku.

Quel est le meilleur moment pour photographier le Fuji ?

Au lever du soleil et par temps sec, idéalement de novembre à février. Pour le reflet sur l'eau, visez un lac sans vent à l'aube ; en hiver, guettez l'aka-fuji, ces quelques minutes où le sommet rougeoie au petit matin.

Kawaguchiko ou Hakone pour voir le Fuji ?

Kawaguchiko pour les vues les plus proches et dégagées (pagode Chureito, parc Oishi). Hakone si vous voulez y ajouter onsens, musées et croisière. En clair : le Fuji d'abord, c'est Kawaguchiko ; une expérience plus variée, c'est Hakone.