Le Kinkaku-ji, pavillon recouvert de feuilles d'or, au bord du bassin Kyoko-chi à Kyoto
Temple · Kyoto

Kinkaku-ji, le Pavillon d'Or

Le monument le plus visité de Kyoto, cinq millions de personnes par an. Le bâtiment que l'on photographie a soixante-dix ans : l'original a brûlé en 1950.

Le Kinkaku-ji est le monument le plus visité de Kyoto, avec environ cinq millions de visiteurs par an. Son nom officiel est Rokuon-ji, le temple du jardin des cerfs. Derrière l'image de carte postale, une chose que peu de visiteurs savent : le bâtiment date de 1955. L'original, vieux de cinq siècles, a été détruit par un incendie criminel cinq ans plus tôt.

Kinkaku-ji en bref

Entrée500 ¥ adulte, 300 ¥ scolaires, billet sous forme de talisman
Horaires9 h à 17 h, tous les jours, sans jour de fermeture
Durée de visite30 à 40 min, circuit à sens unique
IntérieurNon visitable, le pavillon se contemple de l'extérieur
ClassementPatrimoine mondial UNESCO depuis 1994
Meilleur moment9 h, à l'ouverture, lumière de face

Du shogun au temple zen

En 1397, le shogun Ashikaga Yoshimitsu achète le domaine au clan Saionji pour y construire sa villa de retraite. Il abdique officiellement en faveur de son fils mais continue de gouverner depuis ce lieu. Le pavillon doré lui sert à la fois de résidence, de salle de réception et de lieu de méditation. Il y reçoit l'empereur Go-Komatsu en 1408, quelques semaines avant sa propre mort.

Son fils Yoshimochi convertit ensuite la villa en temple zen de l'école Rinzai, conformément aux volontés du défunt. Le site prend le nom de Rokuon-ji, d'après le nom bouddhiste posthume de Yoshimitsu. Il traverse les guerres civiles avec des dommages, mais le pavillon lui-même survit intact jusqu'en 1950.

Le Pavillon d'Or reflété dans le bassin Kyoko-chi, entouré de pins et d'érables d'automne, à Kyoto
Le cadrage classique, depuis la berge sud du bassin. C'est le premier point de vue après l'entrée, et le plus encombré.

Architecture et or

Le pavillon compte trois étages, et chacun relève d'un style architectural différent. C'est là tout le propos du bâtiment : empiler trois époques et trois pouvoirs, l'aristocratie, les guerriers et le clergé zen.

ÉtageStyleContenuDoré
Hosui-inShinden-zukuri, aristocratie HeianMurs ouverts, piliers en bois nuNon
Choon-doBukke-zukuri, résidences de samouraïsKannon assise et bodhisattvasOui
Kukkyo-choTemples zen chinois, époque SongTriade de bouddhas, plafond peintOui

La dorure actuelle date de la grande restauration de 1987, et les chiffres valent d'être connus :

  • Environ 200 000 feuilles d'or sur les deux étages supérieurs
  • Chaque feuille mesure 10,8 cm de côté pour 0,1 micromètre d'épaisseur
  • Soit cinq fois plus épais que la dorure du bâtiment d'origine
  • Environ 20 kilogrammes d'or au total, posés sur une couche de laque urushi qui protège le bois

Au sommet du toit, un ho-oh, phénix de bronze doré, fait face au sud. L'oiseau symbolise la vertu du dirigeant. Celui que l'on voit est une reproduction posée lors de la reconstruction de 1955.

Le jardin et le bassin Kyoko-chi

Le bassin Kyoko-chi, littéralement le bassin miroir, a été creusé pour refléter le pavillon. Il contient plusieurs îlots, dont Ashiwara-jima et Tsuru-jima, l'île de la grue, disposés pour composer un paysage chinois en miniature. Le jardin entier représente le paradis de la Terre Pure du bouddhisme.

Le circuit est balisé et à sens unique. Ce que l'on croise en chemin :

  • Le point de vue principal sur le bassin, juste après l'entrée
  • Un petit bois de bambous, puis une montée douce vers la colline
  • Une maison de thé en hauteur, et la cascade Ryumon-baku
  • Près de la sortie, un stand de matcha et wagashi à environ 500 ¥, servi en plein air

Le tout se parcourt en trente à quarante minutes. Ce n'est pas une cérémonie du thé formelle qui attend à la fin, juste un bol posé sur un banc, mais c'est le seul endroit du site où l'on s'assoit.

L'incendie de 1950

Le 2 juillet 1950, un moine novice de vingt et un ans nommé Hayashi Yoken met le feu au pavillon. Le bâtiment, entièrement en bois, brûle en quelques heures avec plusieurs statues conservées à l'intérieur. Hayashi tente de se suicider sur la colline derrière le temple et survit.

Jugé et diagnostiqué comme souffrant de troubles mentaux, il est condamné à sept ans de prison, libéré au bout de cinq pour raisons de santé, et meurt de la tuberculose en 1956 à vingt-six ans. Lors de son interrogatoire, il déclare avoir agi par jalousie envers la beauté du pavillon.

Visite pratique

Le pavillon ne se visite pas de l'intérieur. On le contemple depuis le circuit du jardin, et le premier point de vue, juste après l'entrée, donne la perspective la plus connue : le pavillon face au bassin, les collines de Kitayama derrière.

MomentCe que ça donne
9 h, à l'ouvertureLumière de face, reflet net, foule minimale
Après 10 hFile continue sur l'allée du bassin
Après-midiContre-jour, photographie difficile
Jour de neigeDeux à trois fois par hiver, l'image la plus recherchée

Les jours de semaine hors vacances scolaires japonaises sont nettement plus calmes.

Pour caler la visite sur la bonne saison, voyez les dates des érables et celles des cerisiers : le nord-ouest de Kyoto colore à peu près une semaine après le centre.

Ginkaku-ji, le Pavillon d'Argent

Le Ginkaku-ji se visite souvent le même jour, et le contraste entre les deux est le vrai intérêt de l'exercice. Il a été construit en 1482 par Yoshimasa, petit-fils de Yoshimitsu. Malgré son nom, il n'a jamais été recouvert d'argent : soit Yoshimasa est mort avant, soit le nom est un surnom ironique donné plus tard, les historiens en débattent encore.

Kinkaku-jiGinkaku-ji
Construit en13971482
SituationNord-ouest de KyotoNord-est de Kyoto
RecouvertFeuilles d'orRien, bois nu
À voirLe pavillon et son refletLe jardin de sable sec
AmbianceSpectaculaire et bondéSobre, plus calme

Le Ginkaku-ji vaut surtout pour son jardin de sable. Le Ginshadan, la mer de sable argenté, est ratissé en vagues parallèles, et le Kogetsudai, la plate-forme contemplant la lune, forme un cône de près de deux mètres. Les moines les refont chaque matin avant l'ouverture. Le bus 204 relie les deux temples en quarante minutes.

Accès et itinéraire

Depuis la gare de KyotoDuréePrix
Bus 101 ou 205, arrêt Kinkaku-ji-michi40 min230 ¥
Métro Karasuma jusqu'à Kitaoji, puis taxi15 min + 10 min260 ¥ + 1 000 ¥

Les bus de Kyoto sont bondés au printemps et à l'automne. La seconde option fait gagner du temps les jours de forte affluence.

Le Kinkaku-ji se combine avec deux temples voisins, ce qui compose la meilleure demi-journée du nord-ouest de Kyoto :

  • Le Ryoan-ji et son jardin de pierres, le plus connu du Japon, à 15 à 20 minutes de marche vers le sud-ouest ou 5 minutes en bus 59
  • Le Ninna-ji, sa pagode à cinq étages et ses cerisiers tardifs, dix minutes plus loin

Réserver une visite guidée

Le Kinkaku-ji se visite très bien seul, mais il est loin du centre. Une journée guidée règle le problème des bus et enchaîne les sites UNESCO dispersés aux quatre coins de la ville.

Kyoto : sites UNESCO et lieux historiques en une journée

Kyoto : sites UNESCO et lieux historiques en une journée

Le Pavillon d'or au sein d'une journée guidée des sites UNESCO de Kyoto, avec le Fushimi Inari et Arashiyama.

4,8 (5 411 avis) · 8.5 à 9 h

Annulation gratuite

À partir de107 € par personne

Réserver →

Questions fréquentes sur Kinkaku-ji

Peut-on entrer dans le Kinkaku-ji ?

Non. Le pavillon doré ne se visite pas de l'intérieur. Le parcours est un circuit à pied autour du bâtiment et du jardin. On observe le Kinkaku-ji depuis les berges du bassin Kyoko-chi et depuis plusieurs points de vue le long du chemin. Le billet d'entrée (500 yen) donne accès à l'ensemble du jardin, pas au pavillon lui-même.

Pourquoi le Kinkaku-ji a-t-il été reconstruit ?

Le bâtiment original de 1397 a été détruit par un incendie volontaire le 2 juillet 1950. Un moine novice de 21 ans, Hayashi Yoken, y a mis le feu. Le pavillon actuel est une reconstruction achevée en 1955, fidèle à la structure d'origine. Les feuilles d'or ont été entièrement refaites lors d'une restauration en 1987.

Kinkaku-ji ou Ginkaku-ji, lequel choisir ?

Les deux valent le détour, et ils sont très différents. Le Kinkaku-ji impressionne par son éclat doré et son reflet dans le bassin. Le Ginkaku-ji, malgré son nom de Pavillon d'Argent, n'a jamais été recouvert d'argent. Il séduit par son jardin de sable et son atmosphère plus contemplative. Si vous avez le temps, visitez les deux. Le bus 204 relie les deux sites en 40 minutes environ.

Quelle est la meilleure saison pour visiter le Kinkaku-ji ?

Chaque saison offre un intérêt différent. L'automne (mi-novembre) entoure le pavillon de feuillages rouges et orangés. L'hiver, lors des rares chutes de neige à Kyoto (2 à 3 fois par an), le contraste entre l'or et la neige blanche est spectaculaire. Le matin reste le meilleur moment de la journée : la lumière se reflète sur le bassin sans contre-jour.