Collègues de bureau qui se saluent par une courbette autour d'une table de réunion
Langue et culture

Suffixes japonais : que veulent dire -san, -kun, -chan, -sama et quand les utiliser

En japonais, on n'appelle presque jamais quelqu'un par son nom tout seul. San, kun, chan, sama, sensei, senpai : chaque suffixe dit la relation entre vous et l'autre. Voici ce que veut dire chacun, celui à choisir dans le doute, et les cas où il ne faut surtout pas en mettre.

Mis à jour en octobre 202614 min de lecture

Suffixes expliqués
16
Appellent leur chef par son titre
62,9 %
Suffixe sur soi-même
0

Que veut dire san en japonais ?

San (さん) est un suffixe de politesse qui se place après le nom de la personne : Tanaka-san, Sato-san. On le traduit le plus souvent par Monsieur ou Madame, mais il est plus souple que nos civilités. Il s'emploie avec un inconnu, un voisin, un collègue, un commerçant, à l'oral comme à l'écrit, et il ne dit rien de l'âge ni du statut de la personne. C'est le suffixe par défaut : si vous ne savez pas lequel choisir, choisissez celui-là.

Pourquoi en mettre un ? Parce qu'en japonais, appeler un adulte par son nom sans rien derrière, le yobisute, est réservé aux très proches. Pour tous les autres, le nom nu sonne brusque, voire insultant. San comble ce vide : il pose une distance polie, sans cérémonie.

On l'accole d'abord au nom de famille, qui reste la norme au Japon entre adultes. Il fonctionne aussi après un prénom, entre amis ou avec un étranger dont le nom de famille est difficile à prononcer. Il se glisse même derrière des noms de métiers ou de commerces : o-isha-san pour le médecin, hon'ya-san pour le libraire, pan'ya-san pour la boulangerie. Les enfants le mettent volontiers aux animaux.

San en japonais pour une femme

San n'a pas de genre. Il n'existe pas d'équivalent de Madame ou Mademoiselle : Tanaka-san peut être un homme ou une femme, mariée ou non. C'est donc le suffixe à utiliser pour une collègue, une hôtesse, une propriétaire. Le féminin affectueux, c'est chan, mais il ne s'emploie qu'avec des proches.

Tableau des suffixes japonais : qui appeler comment

Voici les 16 suffixes que vous croiserez au Japon, en voyage, au bureau ou dans un manga, du plus courant au plus rare. Les six premiers couvrent l'essentiel de la vie quotidienne.

SuffixeJaponaisRegistrePour qui
-sanさんNeutre et poliTout le monde, homme ou femme, adulte : le choix par défaut
-kun君 / くんFamilier ou hiérarchiqueGarçons, cadets, subordonnés, amis proches
-chanちゃんAffectueuxEnfants, amies proches, famille, animaux
-sama様Très respectueuxClients, divinités, courriers, personnes vénérées
-sensei先生Respect du savoirProfesseurs, médecins, avocats, élus, auteurs
-senpai先輩Respect de l'anciennetéAînés à l'école, au club, dans l'entreprise
-dono殿Formel, vieilliDocuments officiels, diplômes, récits de samouraïs
-shi氏Formel, écritPresse, textes officiels, personne connue par ses écrits
-chamaちゃまAffectueux et respectueuxLangage enfantin, personnes âgées de la famille
-tanたんMignon, argotMascottes, personnages, langage otaku
-hanはんNeutre (dialecte)Équivalent de -san à Kyoto et dans le Kansai
-bō坊Familier, vieilliPetits garçons
-senshu選手NeutreSportifs, athlètes en compétition
-hakase博士Respect du savoirSavants, docteurs (titre académique)
-buchō, -kachō部長・課長HiérarchiqueChef de département, chef de section
-shachō社長HiérarchiquePrésident, patron de l'entreprise

Kun en japonais : garçons, cadets et subordonnés

Kun (君, souvent écrit くん) est un suffixe familier, employé de haut en bas ou entre égaux. Un enseignant l'utilise pour ses élèves garçons, un adulte pour un petit garçon, des camarades de classe entre eux. Dans une entreprise traditionnelle, un supérieur appelle ses jeunes collaborateurs Suzuki-kun. L'inverse est impensable : on ne dit jamais kun à son chef ni à quelqu'un de plus âgé.

Le caractère 君 se lit aussi kimi, « tu » : un mot tout aussi familier, à éviter avec quiconque n'est pas un proche ou un cadet.

Kun pour une fille : est-ce possible ?

Oui, mais dans des cadres précis. Au bureau, un supérieur peut appeler une jeune collègue avec kun : c'est la hiérarchie qui parle, pas la familiarité. À l'école, l'ancienne règle « kun pour les garçons, san pour les filles » recule au profit du san pour tous dans de nombreux établissements. Le cas le plus étonnant est le Parlement : par tradition, le président de séance appelle les députés avec kun, hommes et femmes confondus. Takako Doi, première femme à présider la Chambre des représentants en 1993, avait choisi d'employer san à la place.

Lycéens japonais en uniforme vus de dos dans une rue de ville au Japon
À l'école, kun pour les garçons et san pour les filles était la règle. Beaucoup d'établissements passent au san pour tous.

Chan en japonais : le suffixe affectueux

Chan (ちゃん) est né d'une déformation enfantine de san, et il en a gardé la tendresse. On l'emploie pour les bébés et les enfants, surtout les filles, pour une amie d'enfance, pour les membres de la famille (obaa-chan pour mamie, onee-chan pour la grande sœur), pour un animal de compagnie ou une mascotte. Entre amies proches, il remplace naturellement san, souvent après le prénom : Yuki-chan.

Avec un adulte qu'on connaît mal, chan devient condescendant ou déplacé. Appeler une collègue Tanaka-chan sans y être invité, c'est la traiter comme une enfant. Au bureau, on s'en tient à san.

Quelle est la différence entre san et chan ?

San pose une distance polie, chan efface cette distance. Le premier convient à tout le monde, le second seulement à ceux avec qui on partage une vraie proximité, ou à ceux qui sont beaucoup plus jeunes. Un bon repère : si vous ne tutoieriez pas la personne en français, pas de chan.

Sama en japonais : clients, divinités et courriers

Sama (様) est la version respectueuse de san. Vous l'entendrez dès votre arrivée au Japon : dans un magasin ou un hôtel, vous êtes okyaku-sama, l'honorable client. On dit kami-sama pour une divinité, o-hime-sama pour une princesse. À l'écrit, sama est la norme : sur une enveloppe, une réservation d'hôtel ou un e-mail professionnel, le nom du destinataire est suivi de 様. Votre nom sur une liste d'attente de restaurant sera appelé avec sama.

On le retrouve aussi figé dans des formules du quotidien comme otsukaresama desu, le « merci pour votre travail » des bureaux, et gochisōsama deshita après un repas, que vous retrouverez parmi les mots japonais essentiels.

Quelle est la différence entre san et sama ?

Une différence de degré. San est la politesse de tous les jours, sama celle qu'on doit à un client, à un destinataire de courrier ou à quelqu'un de très haut placé. À l'oral entre collègues, sama serait trop cérémonieux, voire ironique. Dans l'autre sens, on ne s'attribue jamais sama : le ore-sama (« mon excellence ») des personnages imbus d'eux-mêmes dans les mangas en fait justement un marqueur d'arrogance.

Le terrain où le sama s'entend le plus, pour un touriste, est le maid café d'Akihabara : les serveuses vous accueillent d'un okaerinasaimase, goshujin-sama, « bon retour, maître ».

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Sensei et senpai : maîtres et aînés en japonais

Sensei (先生) signifie littéralement « né avant ». Il s'adresse à ceux qui transmettent un savoir : professeurs, médecins, avocats, élus, mais aussi écrivains, mangakas ou maîtres d'arts martiaux. Il s'emploie seul (« Sensei ! ») ou après le nom : Yamada-sensei. L'usage est si ancré que, selon le sondage de l'Agence pour les affaires culturelles (Bunkachō) publié le 2 octobre 2026, 71,9 % des Japonais trouvent normal qu'un enseignant parle d'un collègue à un parent en disant « Tanaka-sensei ».

Pourquoi les Japonais disent senpai ?

Parce que l'ancienneté compte autant que l'âge. Le senpai (先輩) est celui qui est arrivé avant vous : l'élève d'une classe supérieure, le membre plus ancien du club de judo, le collègue entré deux ans plus tôt dans l'entreprise, même s'il est plus jeune que vous. Il vous guide, vous lui devez du respect. On l'appelle senpai tout court ou Kimura-senpai. On écrit parfois sempai, c'est le même mot.

Son pendant est le kohai (後輩), le cadet. Mais kohai n'est jamais un suffixe ni une façon d'interpeller quelqu'un : on appelle son cadet par son nom avec san ou kun. Dire « Kohai ! » à quelqu'un serait aussi bizarre que de l'appeler « Subalterne ! ». Les maiko de Kyoto font de même avec leurs aînées, qu'elles appellent onee-san, grande sœur : on le raconte dans notre guide des geishas et maiko.

Quand ne pas utiliser de suffixe japonais

Les vraies fautes viennent rarement d'un suffixe oublié. Elles viennent d'un suffixe posé là où il n'en faut pas.

Jamais de san sur son propre nom

Les suffixes honorifiques s'appliquent aux autres, jamais à soi. « Watashi wa Dupont-san desu » revient à dire « Je suis Monsieur Dupont » en se donnant du respect à soi-même. On se présente avec son nom tout court : Dupont desu. Seules exceptions, des effets de style : une petite fille qui parle d'elle avec chan, ou le ore-sama volontairement arrogant des mangas.

Pas de suffixe pour sa famille devant les autres

Chez soi, on dit okaa-san à sa mère. Mais quand on parle d'elle à un collègue ou à un inconnu, elle devient haha, sans suffixe, et le père chichi. Le rapport de 2007 de l'Agence pour les affaires culturelles sur le keigo, le Keigo no shishin, range ce cas dans la logique uchi/soto : face à l'extérieur (soto), on ne met pas en valeur ceux de son propre camp (uchi). Les okaa-san et otou-san servent en revanche à parler de la famille des autres.

Pas de suffixe pour son chef devant un client

C'est la même règle, appliquée à l'entreprise, et c'est celle qui piège le plus d'étrangers. En interne, votre chef est Tanaka-buchō. Au téléphone avec un client, il devient Tanaka, sans rien, ou « buchō no Tanaka », le Tanaka qui est notre directeur. Le Keigo no shishin le dit en toutes lettres : « Tanaka-buchō » face à un client est inapproprié, car il traite votre chef comme quelqu'un de l'extérieur. Le détail plus loin, dans la partie au travail.

Le yobisute : le nom sans suffixe entre proches

Appeler quelqu'un par son nom nu s'appelle le yobisute (呼び捨て). Entre amis très proches, en couple, en famille, c'est une marque d'intimité. Venant d'un inconnu ou d'un collègue, c'est grossier. Ne le faites que si la personne vous le propose, ou qu'elle vous appelle elle-même ainsi depuis longtemps.

Erreurs des Français avec san, kun et chan

Les Japonais pardonnent beaucoup aux étrangers. Ces sept erreurs reviennent pourtant si souvent qu'elles valent d'être évitées dès le premier jour.

  1. Se présenter avec san. « Hajimemashite, Martin-san desu » fait sourire. Votre nom se dit sans suffixe.
  2. Mettre san au prénom d'un adulte qu'on connaît à peine. Le réflexe français du prénom ne vaut pas au Japon : on commence par le nom de famille. Le prénom vient quand l'autre l'utilise ou le propose.
  3. Utiliser chan pour faire « mignon ». Sur une serveuse, une collègue ou une hôtesse, chan sonne paternaliste. Gardez-le pour les enfants et les vrais proches.
  4. Dire kun à quelqu'un de plus âgé. Kun descend la hiérarchie, il ne la remonte jamais.
  5. Remplacer san par « anata ». Les manuels traduisent « vous » par anata, mais le Keigo no shishin le déconseille avec un supérieur : le mot a perdu sa déférence et sonne froid. On répète le nom : « Sato-san wa dō omoimasu ka ? »
  6. Garder le suffixe de son chef devant un client. Au téléphone ou en rendez-vous, Tanaka-buchō devient Tanaka.
  7. Ajouter san à sa propre famille. « Mon okaa-san habite à Lyon » est faux : on dit haha.

Suffixes japonais au travail : la première règle des expatriés

En entreprise japonaise, la façon dont vous appelez vos collègues est la première règle sociale qu'on remarque. Vos collègues la jugeront bien avant votre keigo. Si vous préparez un visa de travail au Japon, c'est par là qu'il faut commencer.

Réunion de salariés japonais dans un bureau lumineux
Au bureau, le titre (buchō, kachō) remplace souvent san pour les supérieurs.

Comment appeler son chef : bucho, kacho, shacho

Dans la plupart des entreprises, les supérieurs ne sont pas appelés san mais par leur titre, seul ou après le nom : kachō (chef de section), buchō (chef de département), shachō (président). Le sondage annuel du Bunkachō sur la langue japonaise, publié le 2 octobre 2026 (3 777 réponses), le chiffre : pour interpeller son chef de section,

Façon d'appeler son kachōPart des Japonais
Kachō (le titre seul)62,9 %
Suzuki-san (nom + san)25,5 %
Kachō-san (titre + san)6,4 %

Source : Bunkachō, enquête sur la langue japonaise de l'exercice 2025, publiée le 2 octobre 2026.

Deux enseignements. Le titre reste la norme, surtout chez les plus âgés (environ 7 sur 10 chez les 60-69 ans). Mais le nom + san gagne du terrain chez les jeunes : plus de 40 % des 20-29 ans le préfèrent. Et « kachō-san » est une faute : le titre est déjà une marque de respect, on n'y ajoute pas san.

Parler de son chef à un client

Le même sondage pose la question du tiers : une réceptionniste parle de son chef Suzuki à un visiteur. 37,4 % jugent préférable « Suzuki » tout court, 35,8 % « kachō no Suzuki », 22,3 % « Suzuki-kachō », et seulement 3,6 % « Suzuki-san ». Le san à son propre chef devant l'extérieur est la faute que presque personne ne commet. Retenez la formule « buchō no Tanaka » : elle est toujours juste.

Les entreprises qui passent au san pour tous

Certaines sociétés ont aboli les titres en interne pour fluidifier les échanges. Chez Muji (Ryōhin Keikaku), tout le monde s'appelle san, président compris, selon son ancien dirigeant Tadamitsu Matsui (Gendai Business, novembre 2021). Le mouvement a ses critiques : un consultant cité par President Woman en 2023 note qu'un san imposé d'en haut peut renforcer la hiérarchie au lieu de l'effacer. Le jour de votre arrivée, écoutez comment vos collègues appellent le chef et faites pareil.

Votre prénom, les e-mails et les cartes de visite

  • Votre nom. Beaucoup de collègues japonais appelleront un étranger par son prénom + san (Claire-san), plus facile à prononcer. Laissez faire, mais ne leur rendez pas la pareille : continuez avec leur nom de famille.
  • Les e-mails. À un client ou un partenaire, le nom est suivi de 様 (sama). En interne, on écrit le nom + san, ou le titre pour un supérieur.
  • La fin de journée. On quitte le bureau sur un otsukaresama deshita, que vous retrouverez avec ses variantes dans notre page merci en japonais.

Les suffixes ne sont que la porte d'entrée du keigo, le langage honorifique. Pour aller plus loin, notre guide pour apprendre le japonais compare les méthodes, le temps et le budget nécessaires avant une expatriation.

Les suffixes japonais dans les mangas et les animes

Pour beaucoup de Français, san, kun et chan viennent d'abord des animes en VOSTFR. Les auteurs s'en servent comme d'un raccourci narratif : en une syllabe, on sait qui domine et qui est amoureux de qui.

  • Le passage de san à chan ou au prénom nu signale un rapprochement. Dans les comédies romantiques, c'est souvent un tournant de l'histoire.
  • Senpai structure les histoires de lycée et de club : l'admiration pour l'aîné(e) est un ressort classique.
  • Sama marque un personnage vénéré, un maître ou un méchant. Le ore-sama est la signature du personnage arrogant.
  • Dono sonne médiéval : il sort surtout de la bouche de samouraïs et de personnages à l'ancienne.
  • Tan, version bébé de chan, appartient à l'argot otaku, pour les mascottes et les personnages adorés.

Attention en reprenant ces codes dans la vraie vie : un manga exagère. Personne ne vous en voudra d'un senpai entre fans, mais dans un bureau ou un magasin, ce sont les règles des parties précédentes qui s'appliquent. Pour retrouver cet univers sur place, direction Akihabara, le quartier geek de Tokyo.

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À Akihabara, les suffixes des mangas s'affichent sur les enseignes et dans les cafés à thème.
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Autres suffixes japonais : dono, shi, tan, han, senshu

Vous en croiserez certains sur un diplôme, d'autres dans la bouche d'un commentateur sportif ou d'une maiko.

  • Dono (殿) : très formel et vieilli. On le trouve encore sur des diplômes, des certificats et certains documents administratifs, où il recule au profit de sama.
  • Shi (氏) : le suffixe de la presse et de l'écrit formel, pour parler d'une personne qu'on ne connaît pas personnellement. Il ne s'emploie pas à l'oral pour interpeller quelqu'un.
  • Chama (ちゃま) : croisement de chan et sama, dans le langage enfantin ou pour un grand-parent.
  • Tan (たん) et chin : déformations mignonnes de chan, de l'argot.
  • Han (はん) : le san du dialecte de Kyoto et du Kansai. Vous l'entendrez à Gion.
  • Bō (坊) : ancien suffixe pour les petits garçons, devenu rare.
  • Senshu (選手) : pour les sportifs. Les commentateurs disent Ōtani-senshu.
  • Hakase (博士) : le savant, le docteur au sens académique.

Questions fréquentes sur les suffixes japonais

Pourquoi dire san en japonais ?

Parce qu'en japonais, appeler un adulte par son nom sans rien derrière est perçu comme impoli ou très intime. San est le suffixe de politesse neutre : on l'ajoute au nom de famille d'un collègue, d'un voisin ou d'un inconnu, homme ou femme, comme on dirait Monsieur ou Madame en français. Dans le doute, c'est toujours le bon choix.

Quelle est la différence entre san et sama ?

San est la politesse ordinaire, sama est un cran au-dessus : il marque une déférence forte. Un employé de magasin appelle ses clients okyaku-sama, une lettre ou un e-mail professionnel porte le nom du destinataire suivi de sama, et on dit kami-sama pour une divinité. À l'oral entre collègues, sama serait trop cérémonieux, voire ironique.

Quelle est la différence entre San et Chan ?

San est poli et neutre, chan est affectueux. On emploie chan avec les enfants, les amies proches, les grands-parents (obaa-chan) ou un animal de compagnie. Utilisé avec un collègue ou un inconnu, chan sonne condescendant ou trop familier. Il vient d'ailleurs d'une déformation enfantine de san.

Pourquoi les japonais disent Senpai ?

Parce que l'ancienneté structure l'école, les clubs et l'entreprise au Japon. Le senpai est celui qui est arrivé avant vous : un élève d'une classe supérieure, un membre plus ancien du club, un collègue entré plus tôt dans la société. On l'appelle senpai, seul ou après son nom, pour reconnaître cette expérience. Le cadet, le kohai, n'est jamais appelé ainsi.

Peut-on utiliser san pour une femme ?

Oui. San ne marque pas le genre : il vaut aussi bien pour Monsieur que pour Madame ou Mademoiselle. Tanaka-san peut désigner un homme comme une femme, et c'est le suffixe à utiliser avec une collègue, une voisine ou une commerçante.

Peut-on se désigner soi-même avec san ?

Non, jamais. Les suffixes honorifiques s'appliquent aux autres. Se présenter en disant Dupont-san reviendrait à se donner du Monsieur à soi-même. On dit simplement son nom : Dupont desu. Les seules exceptions sont des effets de style, comme ore-sama chez un personnage arrogant de manga, ou une petite fille qui parle d'elle avec chan.

Est-ce que Fuji-san veut dire Monsieur Fuji ?

Non. Dans 富士山, san est la lecture sino-japonaise du caractère 山, montagne. Fuji-san signifie donc mont Fuji, sans aucune politesse. Le suffixe honorifique さん n'a rien à voir, c'est une simple homophonie.

Comment appeler son chef au Japon ?

Le plus souvent par son titre seul ou après son nom : kachō, buchō, Tanaka-buchō. Dans le sondage de l'Agence pour les affaires culturelles publié le 2 octobre 2026, 62,9 % des Japonais jugent que le titre seul est la bonne façon d'appeler son chef de section, contre 25,5 % pour le nom suivi de san. Certaines entreprises, comme Muji, ont toutefois adopté le san pour tout le monde, président compris.

Écrit et vérifié par

Rédactrice franco-japonaise, au Japon depuis 2014 (12 ans). Japonais JLPT N1. Installée au Japon depuis 2014, Sofia met ce guide à jour à chaque nouvelle enquête du Bunkachō sur la langue japonaise.

Mis à jour le 28 octobre 2026Méthodologie éditorialeProfil de l'auteur